« J’ai tout essayé ! » par Isabelle FILLIOZAT

Un livre simple et rapide à lire, avec des arguments scientifiques mis à la portée de tous et joliment illustré par Anouk Dubois.

Aujourd’hui, je vous parle de « J’ai tout essayé ! » écrit en 2011 par Isabelle FILLIOZAT.

Temps de lecture de ma chronique : 20 minutes.

Rendez-vous dans Ma bibliothèque pour les références complètes, avec un lien si vous souhaitez vous le procurer.

Qui est Isabelle FILLIOZAT ?

Isabelle FILLIOZAT est une psychologue française, didacticienne en psychothérapie et directrice de l’École des intelligences relationnelle et émotionnelle. Elle est également conférencière (je vous partagerai quelques extraits de conférences dans la Vidéothèque) et écrivaine.

Elle a écrit plusieurs livres sur la parentalité, notamment « J’ai tout essayé », « Au cœur des émotions de l’enfant » et « Il n’y a pas de parent parfait », dans lesquels elle transmet son expertise et l’approche qu’elle a développée : l’approche empathique intégrative.

Isabelle FILLIOZAT : la référence actuelle en parentalité consciente et respectueuse.

Cette figure de la parentalité empathique nous apprend ici à détecter et comprendre ce qui se passe chez le jeune enfant (1 à 5 ans environs) lors d’un conflit, d’une crise ou de pleurs.

En bref

Ce livre nous définit ce qu’est, en réalité, un « caprice » puis décortique, par tranche d’âge, les différents comportements que nous pouvons rencontrer avec nos enfants et les réponses que nous pouvons leur apporter.

En détails…

Isabelle FILLIOZAT nous explique que les caprices, colères et autres comportements que nous ne supportons pas chez nos enfants ne sont, en fait, pas tous les mêmes et qu’il n’y a donc pas UNE façon de les résoudre mais pléthore de solutions, toutes liées à l’origine du comportement.

Il est également constaté que le comportement en question est souvent la conséquence de nos propres actes ou réactions.

Ce livre est donc construit de façon à nous mettre en face de situations que nous rencontrerons quasiment tous en tant que parents, en nous exposant, en premier lieu, des réactions banales que nous pouvons avoir face aux comportements de nos enfants, puis en nous expliquant ce que cela induit chez eux (et ainsi nous rendre « conscients ») et enfin, quelles réponses adaptées nous pourrions plutôt apporter à chaque situation pour éviter les crises. Le tout agrémenté de petits dessins d’Anouk DUBOIS qui aident à se mettre en situation et qui rendent la lecture très agréable et vivante.

Cette approche empathique intégrative se rapproche beaucoup de la « méthode GORDON » (dont je vous parle ici), en version plus actuelle et avec l’éclairage de toutes les découvertes récentes en terme de neurophysiologie et psychologie expérimentale.

Pour appréhender correctement ce livre, Isabelle FILLIOZAT nous rappelle que chaque enfant est différent et que chacun évolue à son rythme. En conséquence, les comportements exposés dans ce livre ne se rencontrent pas forcément dans le même ordre ou exactement pour les mêmes âges que présenté. Certains ne seront peut-être même pas constatés chez certains enfants, cela est tout à fait normal.

Un enfant, c’est plus compliqué qu’une plante verte

Mais le principe de base est le même !

Isabelle FILLIOZAT nous explique que, comme les plantes, nos enfants ne font pas exprès d’avoir des comportements qui nous agacent. Ils manifestent leurs besoins. Évidemment, l’enfant est un être vivant bien plus complexe qu’une plante, ce qui induit un bien plus grand nombre de besoins et une grande diversité de manifestations.

Qu’est-ce qu’un « caprice » ?

Pour en avoir le cœur net, je suis allée jeter un œil dans le dictionnaire…

Caprice : Volonté soudaine, irréfléchie et changeante [...] ; lubie. (Source Dictionnaire LAROUSSE)

Ah. Cela revient à dire que, lorsqu’on dit que notre enfant fait un caprice, nous estimons que ce comportement est futile et donc qu’il doit être raisonné, supplanté voire supprimé. Nous sommes même parfois (souvent !) persuadés que nos enfants le font exprès, qu’ils nous testent ou qu’ils nous mettent au défi.

Et si la science nous prouvait que nous nous trompons ?… (pour rappel nous parlons là d’enfants entre 1 et 5 ans)

Que se passe-t-il dans la tête de mon enfant ?

Isabelle FILLIOZAT le certifie :

[…] l’enfant ne cherche ni à tendre un piège à ses parents, ni à les tester. Il n’en a tout simplement pas les capacités intellectuelles.

Les caprices […] sont en réalité des réponses du cerveau de l’enfant à des situations trop complexes pour lui.

Si nous avons un enfant « capricieux » ou « colérique » peut-être est-il utile, dans un premier temps, de nous pencher sur ces trois premiers facteurs permettant de déterminer si son réservoir d’amour est bien plein et qui, pour moi, sont les piliers de la stabilité émotionnelle de nos enfants :

Il a besoin de savoir que nous l’aimons

L’enfant a besoin de savoir que ses parents l’aiment. Cela lui est essentiel.

Il est important de prendre un instant pour dire ses sentiments à son enfant. S’asseoir avec lui, le rassurer en lui expliquant notre amour pour lui.

« Je t’aime/j’aime te regarder grandir/j’aime vivre avec toi/je suis heureux(se) de t’avoir pour fils(filles)… » sont des mots qui font du bien.

Il a besoin de partager du temps avec nous

Quand les besoins de contact de l’enfant ne sont pas suffisamment remplis, ses circuits cérébraux sont en manque. […] Échanger des « je t’aime », faire des câlins ou jouer ensemble, charge l’organisme en ocytocine, l’hormone du bonheur.

Pour des soirées plus tranquilles, il est conseillé de consacrer au moins 10 minutes par jour à son enfant. Pendant ces 10 minutes, il s’agit d’être vraiment et pleinement disponible : câlins, jeux, danse, musique, tout est permis ! On fait le plein d’ocytocine !

Il a besoin de contact physique

Le contact physique rassure et apaise. Un câlin quand il en a besoin, un petit massage du dos avant le dodo et hop, revoilà notre amie l’ocytocine !

Mais tout n’est pas qu’une histoire de manque d’amour ou d’attention…

Si les trois facteurs précédents sont comblés, bien d’autres peuvent-être la cause de divers stress et tensions, notamment le facteur physiologique (lié à l’activité de son organisme tout neuf et encore en construction, en particulier son cerveau !)

Crises de rage et autres tempêtes émotionnelles

Il faut savoir que, quand il y a trop de choses à regarder, entendre, sentir, toucher, le stress envahi l’enfant. Son système nerveux est surchargé. Il déclenche alors une réaction de décharge des tensions accumulées pour essayer de se calmer : c’est la crise.

Quand je fais une crise de rage, maman, je n’ai besoin de rien d’autre que d’être contenu, calmé, sécurisé face à cette tempête nerveuse qui m’envahit et me fait peur. Si tu me tiens tendrement mais solidement pendant que je crie ça va m’aider. Même si je me débats très fort, tiens-moi bien. S’il te plaît, maman, ne m’achète pas les bonbons, mais enseigne-moi à conduire mon cerveau.

Dans un environnement nouveau et à grand potentiel de stress, l’une des solutions pour éviter la tempête est de donner à l’enfant une tâche à la hauteur de ses capacités, pour l’aider à focaliser son attention.

Son cerveau va sécréter de la dopamine, l’hormone de la motivation, de l’action volontaire, une hormone qui diminue le stress et inhibe les systèmes de la peur et de la colère.

L’enfant a la bougeotte

Nombre d’adultes interprètent le besoin de mouvement comme une demande d’attention ou une marque de désobéissance. S’il est parfois vrai qu’une enfant cherche de l’attention, le plus souvent, elle a simplement besoin de… MOUVEMENT !

Il est intéressant de savoir qu’un enfant entre 2 et 6 ans n’a tout simplement pas les capacités neuronales de « rester tranquille », il sera donc plus efficace de donner un objectif ou une occupation à son cerveau pour le recentrer plutôt que de le punir.

De même, lorsqu’un enfant effectue des acrobaties qui nous semblent dangereuses, comme se balancer sur sa chaise par exemple, il n’est pas nécessairement en train de jouer avec nos nerfs. Il en a peut-être tout simplement besoin ou il s’ennuie et cela lui permet de s’autostimuler.

Alors, plutôt que de lui interdire ce type d’activité, il serait plus bénéfique à l’enfant ET aux parents de lui proposer une activité plus sûre, ayant les mêmes bénéfices.

La part du parent

Est-ce toujours l’enfant qui a une attitude inadaptée ? Isabelle FILLIOZAT pose là une question fort intéressante car, en effet :

Lorsque les oppositions furieuses ou les pleurs ne sont pas de simples décharges ou recherche de stimulation, ce peuvent être des réactions à nos tentatives de contrôles.

Le Dr Filliozat nous rappelle ici que les enfants ont pour principal besoin d’éprouver leurs capacités. En conséquence, si nous leur tendons la perche (souvent sans nous en rendre compte) il ne faut pas nous étonner qu’ils se lancent des défis… Et en définitive, dans ces cas-là, s’énerver est contre-productif car les enfants ne comprennent pas notre colère puisqu’ils n’ont rien fait de « mal ». Les féliciter, les aider à finaliser leur activité en toute sécurité quand nous les prenons sur le fait (ou leur dire simplement que ce qu’ils font nous fait peur et les aider à revenir en sécurité) serait plus bénéfique à leur apprentissage. La modification de l’environnement est, ensuite, une solution possible si nous ne souhaitons pas que la performance se répète. (Voir mon article sur la « méthode GORDON » chapitre « Se faire écouter… »)


Un peu de vécu : un tabouret laissé devant le lavabo dans la salle de bain de mamie alors que l’heure du brossage de dents a sonné… Ni une ni deux, avant même que nous ayons eu le temps d’arriver à la salle de bain notre petit bonhomme était déjà perché, brosse à dent à la main ! Petite frayeur mais de la fierté aussi ! Nous aurions pu crier (décharger notre petit coup de stress en somme) mais nous avons opté pour la méthode ci-dessus et tout s’est passé en douceur, c’était très appréciable.


Gardons en tête que, dans de tels cas, l’objectif n’est souvent qu’une finalité et que ce qui apporte le plus de plaisir à l’enfant c’est l’acrobatie ou la démarche qui l’y a mener et la satisfaction d’avoir réussi.

C’est de son âge !

Faire ce que maman vient d’interdire en la regardant dans les yeux à quinze mois, avoir peur du noir à trois ans et mentir à quatre ans, sont des comportements pas faciles à vivre, certes, mais NATURELS et NORMAUX !

Eh oui, Isabelle FILLIOZAT nous rappelle enfin que nombre de comportements de nos enfants sont simplement liés à leur âge et à l’évolution de leur cerveau en pleine construction.

Il est intéressant de savoir que dans le cerveau d’un enfant d’un an il se crée environ un million de synapses par seconde ! Soit autant de connections entre ses neurones tout neufs. Un sacré chantier que l’on peut tenter de visualiser avant de s’énerver !

Autre information très intéressante :

Le cerveau ne se développe pas de manière linéaire mais par réorganisations successives. Ce qui signifie que ce qui semble acquis à un âge peut être remis en cause à un autre, parce que les chemins des neurones sont reconstruits.

Ah, ceci explique cela ! Chez vous aussi ?

Dans les chapitres suivants, Isabelle FILLIOZAT décortique les différents comportements de nos enfants, âge par âge, de 1 à 5 ans. J’ai d’abord tenté de vous en faire un résumé explicite mais il y a là tant d’informations intéressantes que cela reviendrait à vous réécrire le livre. De fait, j’ai finalement décidé de vous en donner un sommaire amélioré, pour que vous puissiez vous faire une idée de la mine d’information contenue dans ce livre, tout en vous apportant des éléments concrets à mettre en pratique pour embellir votre relation avec vos enfants. Car je sais que beaucoup d’entre vous n’auront pas forcément le temps de lire ce livre et j’ai notamment créé ce blog pour ça !

De 12 à 18 mois : la période du « NON » des parents

Eh oui, la période du « non », nous y passons tous bien avant nos enfants ! Mais, bonne nouvelle, il existe des alternatives pour éviter les crises…

Dire « STOP » plutôt que « NON »
Intervenir physiquement

C’est tout bête et ça marche ! Essayez, vous verrez.

Pourquoi les enfants de moins de trois ans ignorent les règles, ne respectent ni limite ni interdit ?

Focus sur cette question qui nous a tous, à un moment ou un autre, traversé l’esprit.

Avant trois ans, les règles ne sont que des mots sans lien concret avec leurs actes :

  •  Les enfants de cet âge ne comprennent ni les généralisations, tels que les règles qu’on leur impose, ni les concepts, tels que les notions de danger ou de bien et de mal.
  • Ils ne peuvent pas encore garder des mots dans leur tête en vue d’une action, par exemple. Par ailleurs, ils ne peuvent pas retenir plusieurs idées ou informations en même temps.
  • Les enfants de moins de quatre ans n’ont pas encore la capacité d’inhiber leurs gestes. Les zones de leur cerveau dédiés aux impulsions et celles de l’inhibition ne sont pas encore bien connectées.
  • Le fait d’explorer leurs nouvelles compétences est pour eux une priorité, d’où la répétition de certains gestes qui nous agacent ! (Le lâché de cuillère pendant le repas, etc.) En bref : le cerveau mémorise une action puis la répète encore et encore pour l’enregistrer durablement.
  • Leur cerveau ne traite pas bien la négation. La négation est illogique pour le cerveau, pour les adultes également d’ailleurs, même si nous sommes plus habitués à la retranscrire : Ne pas traverser = Rester de ce côté. Mais si je vous dis « ne pensez pas à une souris » : votre cerveau visualise d’abord la souris et ensuite la négation, vous vous dépêchez donc de penser à autre chose ! Mais vous avez quand même pensé à la souris. Les enfants de moins de trois ans s’arrêtent à cette première étape, donc si nous disons : « Ne traverse pas » il y a de grande chance pour que notre enfant traverse. Pour être efficace, une limite devra donc plutôt être évoquée positivement et un interdit devenir une obligation (« Reste ici » plutôt que « Ne vas pas là-bas »).
Pourquoi les enfants de moins de deux ans font exactement ce que l’on vient de leur interdire, en nous regardant bien dans les yeux en plus ?

Outre ce que nous venons de voir, il faut savoir que l’intelligence des enfants, leur apprentissage, se fait essentiellement par les sensations physiques et les mouvements. Donc, un enfant de deux ans ou moins qui fait exactement ce qu’on vient de lui interdire est certainement en train d’inscrire la consigne dans son corps, donc inutile de crier. Isabelle FILLIOZAT nous dit qu’il est plus adapté, dans ce cas, de confirmer que c’est bien cela qui est interdit… C’est une bonne nouvelle ça !

Ils veulent tout, tout de suite ! Ils montrent du doigt et veulent toujours tout

Jusqu’à deux ans les enfants ne peuvent pas se représenter l’avenir. Ils vivent tout au présent. De plus, ils ne savent pas relativiser. C’est pourquoi nous avons souvent l’impression qu’ils veulent tout, tout de suite. Mais ce dont ils ont véritablement besoin c’est de savoir que nous les avons entendus, ainsi ils apprennent à attendre. Et s’ils montrent c’est souvent pour attirer notre attention, pas forcément l’objet en lui-même.

Ils tombent et nous regardent avant de pleurer

Isabelle FILLIOZAT nous explique que, quand les enfants tombent ou se cognent, ils peuvent chercher dans notre expression si ce qu’il vient de se passer est inquiétant, dangereux ou grave. Si nous affichons un visage confiant et encourageant, les enfants se relèvent souvent tout seul et reprennent leurs occupations sans pleure.

Une autre explication possible est que l’humain est avant tout un mammifère et que les petits de mammifères sont des êtres vulnérables dont l’instinct de survie est encore profondément inscrit. Hors :

Tout mammifère attend sa maman avant d’exprimer sa détresse à grand bruit.

C’est le même processus qui opère quand un enfant qui rentre auprès de sa maman le soir « se lâche » alors qu’il a été calme toute la journée : il se sent assez en sécurité pour relâcher toute la pression accumulée toute la journée. Et ce phénomène perdure jusqu’à l’adolescence !! Merci de nous prévenir madame FILLIOZAT !

Ils hurlent quand maman s’éloigne

Sa réaction mammalienne est naturelle. L’anxiété de la séparation commence entre sept et douze mois, voit un pic entre dix et quinze mois et diminue entre trois ans et trois ans et demi.

En effet, les enfants de cet âge n’arrivent pas à évoquer notre image dans leur tête comme ils veulent et encore moins en situation de stress. Isabelle FILLIOZAT nous propose une solution pour rassurer nos enfants lors de séparations : leur laisser un « bout de nous » (une photo, une écharpe avec notre odeur, etc.)

Ils se réveillent la nuit !

Voilà un exemple de situation qui va en intéresser plus d’un/e.

En dehors de contextes spécifiques, quand un enfant se réveille la nuit en pleure ou qu’il ne veut pas qu’on le laisse seul la nuit, il s’agit d’un état physiologique d’anxiété (réaction hormonale du cerveau) que l’enfant n’arrive pas à gérer seul et qu’il exprime donc par des pleurs.

Pour calmer cette alerte, il a besoin d’ocytocine, cette hormone qui détend et remplit. Un bon câlin est tout reviens dans l’ordre.

Mais attention, pour être efficace, Le Dr FILLIOZAT nous indique que ce câlin doit être apaisant et non stimulant, donc pas trop de paroles, de lumière, etc.

De plus, prévenir étant plus facile que guérir, mieux vaut intervenir dès les premiers signes de réveil […], en posant délicatement votre main sur lui, sans caresser.

Ces réveils nocturnes ou refus d’aller se coucher seul sont donc dus à l’anxiété de la séparation normale à cet âge, mais peuvent également être exacerbés par l’intégration par le cerveau des expériences de la journée : si l’enfant a eu une frayeur, si ses parents se sont disputés ou l’ont grondé, s’il a vécu quelque chose de nouveau (première fois à la piscine !) ou s’il a fait de nouvelles acquisitions (apprentissage de la marche, première fois au pot…) etc.

Peut-être avez-vous également constaté que votre enfant se met à réagir avec frayeur à des bruits forts. Eh bien ceci est également dû à ces réorganisations cérébrales, leur cerveau étant particulièrement réactif et sensible.


Pour notre bout de chou ce sont les séchoirs à mains dans les WC des restaurants, en ce moment, à chaque fois que quelqu’un les utilise c’est la panique !


Stimuler son cerveau verbal en expliquant tout en lui donnant la sécurité par votre calme […] lui permettra de relier peu à peu son cerveau cognitif au cerveau émotionnel.

De 18 à 24 mois : la période du « NON » des enfants

C’est un âge de frustrations intenses, avec son lot de rages. […] C’est dur d’être petit et de ne pas être compris !

C’est l’âge où les enfants prennent conscience d’être des personnes à part entière, tout à fait distinctes de leurs parents, d’où leur opposition et leur volonté de décider par eux-mêmes. Cette phase est nécessaire au bon développement de leur conscience d’eux-mêmes, de leur confiance en eux et de leur autonomie.

Ainsi, si votre enfant s’oppose ou qu’il hurle à la moindre frustration, c’est normal. Cette phase lui permet de vérifier qu’il est bien une personne différente de ses parents. Plus nous persistons à lui parler comme « objet » et non comme « sujet », plus l’opposition s’installe.

Quand tu m’obliges, ça me fait l’impression que tu veux pas que j’existe, que tu veux pas que je sois moi.

[…] Quand l’enfant obéit à un ordre, son cerveau frontal reste inactif.

De plus, un enfant ne sait pas gérer la frustration, cela active les centres de la douleur dans son cerveau ! Le plus efficace serait donc d’essayer de comprendre sa frustration et de lui apprendre à traverser ces émotions sans en avoir peur : le laisser décharger son stress en pleurant puis diriger son attention vers autre chose ou le prendre dans nos bras pour l’apaiser (ocytocine !)

Il pose une question à répétition malgré nos réponses

Entre dix-huit mois et deux ans, les enfants commencent à pouvoir évoquer des images dans leur tête (penser à des personnes ou à des objets) mais ils ne savent pas forcément le formuler d’où ces questions qui n’en sont pas vraiment. Pour casser cette répétition, il suffit souvent de retourner la question.

Il fait des bêtises

Pour l’enfant, il s’agit surtout d’exercer sa coordination motrice.

C’est la réaction de l’adulte qui indique à l’enfant qu’il a fait une « bêtise ». Avant quatre ans un enfant ne perçoit pas le lien entre ses actes et notre mécontentement et n’a pas encore acquis la faculté de se sentir coupable en dehors du regard des adultes. Par ailleurs, il n’a pas la faculté d’inhiber ses pulsions, donc pas la peine de crier !

Décrire ce que vous voyez est une bonne façon de prendre le temps de calmer votre émotion en découvrant la bêtise ! Le temps de définir votre objectif : « Qu’est-ce que je veux enseigner à mon gamin ? »

Il tape, mord, tire les cheveux

Les enfants expérimentent ! Ils ne conçoivent pas vraiment le lien entre ce qu’ils font et la souffrance créée. En revanche, ils savent que cela peut déclencher des réactions et testent ce pouvoir.


En ce moment notre petit chou est en plein dedans ! Il tire la queue du chat parce que ça le fait s’allonger (c’est un chat maso, il aime bien ça, mais quand même !), il nous tape parce que ça nous fait râler, et il nous mord quand il est frustré ou agacé ! C’est très contrariant pour nous et nous ne savons jamais trop comment le gérer…


Le Dr FILLIOZAT nous explique que ces réactions violentes envers quelqu’un où quelque chose qui les gêne ne sont pas conscientes, c’est leur corps qui exprime une émotion qu’ils n’arrivent pas à formuler autrement. Les aider à l’exprimer verbalement peut-être une solution.

De 18 à 24 mois : de l’ordre, dans l’ordre, pas d’ordres !

Le petit enfant construit sa propre représentation du monde, il lui est donc nécessaire que tout soit à sa place. Ce besoin d’ordre, qui débute très tôt (dès six mois !) a été décrit par Maria MONTESSORI, célèbre médecin et pédagogue.

Isabelle FILLIOZAT nous explique que :

Les enfants cherchent à comprendre « comment ça marche, le monde ». Ils cherchent à donner du sens à leurs perceptions.

L’enfant exprime sa réalité et attend de nous que nous lui expliquions le processus qui a mené à cette réalité.

Par ailleurs, les enfants ont besoin de repères et les rituels leur donnent une impression de contrôle qui leur permet de gérer leurs angoisses. Cela est très important pour eux et il est toujours malvenu de les prendre à la légère.

En installant des routines, vous éviterez nombre de conflits.

Il ne veut pas quitter le square

Les enfants vivent au présent, ici et maintenant. Ils n’auront la faculté d’anticiper qu’à partir de deux ans et demi ! La meilleure façon de leur faire arrêter quelque chose est donc de le faire par étape sans parler de la finalité : délaisser le « Allez, c’est l’heure, on rentre à la maison », qui représente une Fin, pour « Allez, encore deux tours de toboggan et on va voir Maman ! » qui amène vers une Suite. Chez nous ça marche quasi à tous les coups ! 

La TV !

Dans ce chapitre, le Dr FILLIOZAT nous fait un aparté sur la télévision qui me parait très important à savoir, pour les petits comme pour les grands !

Regarder la télévision met le cerveau en onde alpha, l’enfant se sent détendu. Bien sans rien faire, il n’a pas envi que ça s’arrête. Il éprouve du plaisir à regarder. Son cerveau secrète des opioïdes.

Lorsque vous éteignez le poste de télévision, le taux de peptides opioïdes chute brutalement et active les centres de la douleur. D’où la crise…

Elle nous indique également qu’il y a rarement d’autre façon de stopper cette activité que de le faire nous-même et d’y ajouter un contact physique pour casser l’hypnose de l’écran. De plus :

Pour sortir de l’hypnose et protéger leurs yeux, il est très utile d’entraîner les enfants à cligner des yeux pendant une émission et à détacher leur regard régulièrement pour regarder loin (par la fenêtre par exemple).


Chez nous, pas d’écran pour notre petit bout, sauf exception pédagogique et toujours avec nous, donc pas de problème avec ça pour le moment. Et chez vous, ça se passe comment les écrans ? N’hésitez pas à partager vos trucs et astuces en commentaires !


La peur des situations nouvelles

C’est normal ! Nous l’avons vu, les enfants ont besoin de repères pour se rassurer. Les forcer ou les couver ne les aidera pas. Le plus efficace est donc de les aider à trouver des repères.

Il ne veut pas dormir

Encore !

Eh oui, entre 24 et 30 mois, outre les paniques de séparations que nous avons déjà vues, il faut savoir que :

[…] les cycles naturels de sommeil des enfants se décalent, un endormissement physiologique vers 22 heures, voire 23 heures n’est pas rare.

Donc inutile de les maintenir de force dans leur lit. Mieux vaut être attentifs aux premiers signes de fatigue pour pouvoir commencer immédiatement le rituel du couché !

Il n’écoute pas quand on l’appelle

Totalement absorbé par sa tâche, il se peut qu’il ne nous ait même pas entendu ! Ou, en tous cas, qu’il n’ait pas fait le lien entre les paroles entendues et l’action attendue. Le meilleur moyen de se faire écouter est alors de joindre le contact physique ou oculaire à la demande, notamment avec les garçons !

Il refuse de manger ou joue avec la nourriture

Ça vous parle ? Moi oui !

Selon l’âge, il peut y avoir plusieurs raisons :

Il est temps de lui laisser la cuillère, il veut faire comme un grand !

Il n’a pas ou plus faim ! S’il s’ennuie à table la nourriture devient un jeu et là c’est le moment de relativiser : l’équilibre alimentaire des enfants s’évalue sur la semaine et non sur chaque repas, donc no stress !

Ou il y a une raison plus psychologique : stress, conflit avec le parent, etc.

Il dit des gros mots

Ah oui ? et qui est-ce qui lui a appris ! Aïe… Eh oui, nos enfants sont notre reflet. L’attention portée à ce que nous leur donnons comme image est un travail de tout instant !

Mais revenons à nos moutons. Isabelle FILLIOZAT nous conseille dans ces cas-là de ne pas réagir en nous fâchant car, évidemment, l’enfant ne sais pas ce que signifie le gros mot, il ne fait que répéter et reproduire un geste vu ou une parole entendue d’un adulte ou d’un autre enfant, notamment si cela l’a touché émotionnellement (et d’autant plus si le geste ou la parole est fréquemment vu ou entendu). La meilleure méthode pour éviter l’encrage de gros mots est donc, selon l’âge de l’enfant, (outre le fait de faire attention à ce que l’on dit à tout moment) de ne pas avoir de réaction marquante mais plutôt laisser passer le gros mot et reformuler le propos en fonction du contexte (reformulation empathique), ou avec un plus grand, expliquer le sentiment rattaché à ce gros mot et le fait qu’il est préférable de ne pas le dire. Quant aux mots qui font mal (insultes, etc.) ils sont à bannir et à remplacer par l’expression de sentiments.

De 2 ans et demi à 3 ans : moi, moi… je veux, toute seule !

Toute seule ! Je veux !

Ça y est, notre bébé n’en est plus un, il faut bien se faire une raison… Jusque-là, notre enfant avait besoin de nous pour tout faire, mais ça y est c’est fini, il devient maintenant autonome pour un grand nombre de gestes et de taches ! Et si c’est une phase difficile pour les parents, elle est indispensable à la construction de l’enfant.

L’enfant veux expérimenter ce qu’il peut faire tout seul, donc dès que cela est possible, laissons faire ! Si nous persistons à vouloir tout faire à sa place, par commodité ou en pensant qu’il n’y arrivera pas, nous risquons de nombreuses crises et surtout, cela empêche notre enfant d’aller vers l’autonomie.

Cependant, les enfants « veulent » parfois des choses impossibles, soit parce qu’elles ne sont pas réalisables soit parce que ce n’est pas adapté. Pour autant, pas la peine de se fâcher…

[…] l’enfant explore sa capacité à penser en images et y prend plaisir.

Quand il dit qu’il « veut », cela peut aussi vouloir dire « pense », « croit », « voit dans sa tête », « c’est », « hier il a fait », « demain il fera », etc. Tous ces termes étant encore très abstraits pour lui.


Chez nous, en ce moment, petit bonhomme « veut » faire du parapente ! Il en parle presque tous les jours ! Irréalisable bien sûr, mais pas la peine de s’agacer à lui expliquer. Lui, ce qui lui plaît c’est de penser au parapente dans sa tête et peut-être même s’imaginer en train d’en faire. A-t-on vraiment envie de lui casser ce beau rêve ? Et finalement, les carottes au goûter, c’est un peu pareil… « là non, mais peut-être plus tard ! Parce que tu as raison, c’est drôlement bon les carottes. »


Mais je ne sais pas ce que je veux…

Autre phase épineuse pour un enfant entre deux et trois ans : le choix ! Car, à cet âge, il est souvent fluctuant. De fait, pensons-y quand nous proposons à nos enfants « une tartine ou un biscuit ? » car après avoir choisi le biscuit, il se peut qu’il demande finalement une tartine, c’est normal ! Et il vaut mieux y être préparé.

3 ans : ensemble

L’enfant développe la sensation d’un moi.

Il dit JE et bientôt NOUS puis veut « faire avec ». Mais il veut aussi pouvoir décider lui-même. Ainsi, lorsque nous lui imposons quelque chose, il se rebelle ! Et souvent, dans ces cas-là, nos meilleurs atouts sont la patience et le lâcher-prise car :

Quand le parent n’a plus d’attente, l’enfant ne subit plus de pression, son opposition tombe.

Mais attention, le lâcher-prise n’est pas une technique universelle, ni du laisser-faire.

Il y a des choses sur lesquelles on peut lâcher, plus qu’on ne croit. En revanche, il y a aussi nombre d’aspects absolument non négociables […]

Le lâcher-prise est utile parce que l’opposition de l’enfant porte plus souvent sur le processus que sur le contenu !

Il connaît les règles mais ne les respecte pas…

Les enfants de trois ans peuvent comprendre des règles simples et même les répéter mais dans leur cerveau la zone d’inhibition des actions n’est pas encore bien connectée !

De 3 ans et demi à 4 ans : naissance de l’imaginaire, merveilles et cauchemars

Les cauchemars

[…] a trois ans et demi, ce qui est dans sa tête est pour de vrai et le terrorise.

Alors attention à ne pas prendre les cauchemars à la légère, cela ne résoudrait rien.

Ses émotions prennent forme d’image. Les monstres incarnent la violence dont il a peur.

Il dessine, peint, découpe, n’importe où et n’importe quoi et ce n’est jamais lui

Un enfant de cet âge ne distingue toujours pas le bien et le mal et n’a toujours pas conscience du lien entre l’acte et le résultat. Tout ce qui l’importe est ce qu’il fait, là, tout de suite. Quand l’enfant dit « c’est pas moi », de fait, ce n’est pas lui, c’est sa main… Alors aidons-le à prendre conscience que cette main est un prolongement de lui-même et invitons-le à surveiller sa main !

Entre 4 et 5 ans : conscience de soi et difficultés de la socialisation

Le mal de ventre

En dehors d’un problème médical, le mal de ventre peut aussi être un signe de mal-être à ne pas nier, exagérer ou prendre à la légère. Le mieux est encore de comprendre l’angoisse et tenter d’en découvrir la cause.

Il est pudique

Paraître nu devant un inconnu est une intrusion dans sa sphère intime. […] Il ne supporte pas d’être un objet et il a bien raison.

Chez le médecin, pour accepter de se déshabiller nous avons tous besoin de nous sentir rassuré et surtout d’être inclus dans la décision. Se sentir sujet !

Des heures pour s’habiller…

C’est agaçant mais c’est normal ! Pour gagner du temps, mieux vaut éviter les distractions pendant l’habillage et tenter de rendre cette étape attrayante plutôt que rébarbative (vrai pour toutes les étapes où l’enfant « prend son temps » d’ailleurs).

Poser des limites

Les fessées et les punitions, non, non, non !

Ah bon ? Faire autrement c’est possible aussi ? OUI, OUI, OUI ! Et c’est vivement conseillé ! Parce que les fessées et les punitions, ça défoule mais ça limite surtout les capacités cérébrales des enfants. Alors, à moins de vouloir en faire des bêtas, essayons plutôt ça :

[…] présenter à l’enfant cet espace dans lequel elle peut s’épanouir, avoir le droit de faire toutes sortes de choses, bénéficier de libertés et permissions plutôt que d’attirer son attention sur les frontières que fatalement, parce qu’on les lui aura désignées, elle sera tentée de transgresser.

En pratique, ça donne ça :

Refuser en accueillant l’émotion

[…] une fois vérifié qu’il s’agit d’une véritable demande, et que le désir exprimé ne dissimule pas un besoin légitime, il est évidemment utile de savoir refuser.

Et je dirais même que c’est indispensable ! Car un enfant qui n’est jamais frustré perd le sentiment de limite et même des limites de son identité.

Nous ne devons donc pas avoir peur de refuser, nous ne devons pas avoir peur des colères de nos enfants. En effet :

L’enfant a le droit d’éprouver de la colère, c’est l’émotion naturelle de la frustration. Il a le droit de l’exprimer au parent qui est celui par qui la frustration lui arrive.

Donner des consignes plutôt qu’interdire

Les permissions et les informations sont bien plus efficaces que les interdits pour poser des limites !

Un seul mot suffit !

Après avoir énoncé la règle, un seul mot suffit pour la rappeler lorsque cela est nécessaire. C’est prouvé, lorsque l’enfant doit réfléchir à quoi ce rapporte le mot, il est beaucoup plus enclin à réaliser ce qu’il induit que si nous lui disons exactement ce qu’il doit faire.

Si vous ne vous procurez pas ce livre, je vous invite à regarder la vidéo de la conférence d’Isabelle FILLIOZAT dans ma Vidéothèque ou sur ma page Facebook pour un cas concret 😉

Responsabiliser plutôt que culpabiliser

Ce que les enfants aiment c’est comprendre comment le monde fonctionne. A nous de nous en servir pour les responsabiliser !

« Arrête de toucher à cet interrupteur ! » vs « Comment peux-tu faire pour que la lumière reste éteinte ? »

Donner des informations

Laissons à l’enfant la possibilité de déduire quelle action il doit effectuer pour être en adéquation avec cette information. Il devient sujet et travaille son intelligence et son autonomie !

Le pouvoir de la description

Préférons la description (« Je vois que tu as mis les grandes assiettes au bon endroit dans le lave-vaisselle ! ») au jugement (« C’est bien ! »), cela aide à mémoriser les « bonnes » actions et l’enfant ne se sent pas jugé.

Une « bêtise » ?

Laissons l’enfant faire face aux conséquences de sa « bêtise » et en mesurer l’impact pour le responsabiliser, plutôt que de lui crier dessus et le punir.

Les méthodes suivantes n’ont, en effet, aucun bénéfice éducatif et seulement des retombées négatives à long terme, donc pas la peine de se fatiguer à :

Punir

Si les punitions éduquaient, il y a belle lurette que l’espèce humaine ne commettrait plus de crimes.

Crier
Dévaloriser, juger, mettre des étiquettes

Rien de mieux que de dire à un enfant qu’il est « nul » pour qu’il le devienne !  C’est l’effet Pygmalion.

Donner des coups, gifles et fessées
Isoler (temps mort, « time-out »)

Quand je suis en colère, ne me laissez pas toute seule avec mes idées noires. Si je les laisse dans ma chambre, je les retrouve au moment de dormir….

En fait, il serait plus approprié que nous, parents, allions faire un break quand la situation nous échappe, pour pouvoir revenir plus détendu et prêt à écouter et aider nos enfants à gérer leurs émotions !

Rejeter
Faire honte
L’excuser ou réparer à sa place

Préférons plutôt l’utilisation des :

Conséquences naturelles ou logiques et les sanctions réparatrices !

Si l’enfant renverse quelque chose, par exemple, il est plus adapté pour son éducation de décrire ce qu’il vient de se passer et ce que cela induit (ramasser) puis de le faire avec lui, plutôt que lui crier dessus et le faire à sa place…

Ça parait tellement logique quand le Dr FILLIOZAT nous l’explique ! Et le plus beau dans tout ça, c’est que ça marche ! Et ça fait du bien de ne plus s’énerver pour un rien, je vous promets !

Comme je vous l’ai dit en introduction, ça me rappelle bien la « méthode GORDON » tout ça 🙂

Les disputes entre enfants

Isabelle FILLIOZAT nous explique là que le plus adapté pour arrêter une dispute entre enfants est un simple « STOP ! » dès que la situation dégénère et la description du conflit (nommer la situation : « Je vois deux enfants qui se disputent pour prendre un ballon. ») En général, cela peut suffire à désamorcer la dispute, sinon nous pouvons inviter les enfants à réfléchir pour trouver eux-mêmes une solution. Pour les plus jeunes, il est possible d’offrir des choix s’ils n’arrivent pas à trouver eux-mêmes des solutions. Nous pouvons également faire office de médiateur pour s’assurer que chacun exprime ses émotions et écoute l’autre à son tour et surtout que chacun comprend l’autre.

Les disputes entre enfants peuvent survenir pour différentes raisons. Si elles sont récurrentes, notamment dans une fratrie (compétition), il peut être utile de revenir aux bases et vérifier que le réservoir d’amour de chacun est bien plein, que nous avons passé assez de temps avec chacun, etc.

Par ailleurs, des enfants qui se disputent en fin de journée, au retour à la maison, sont peut-être simplement en train de décharger leur sac de stress de la journée. Donc pas de panique, c’est même plutôt bon signe, ils se sentent en sécurité avec nous !

D’autres sources de conflits sont détaillées dans ce chapitre : le refus de prêter, les conflits de territoire, la lutte contre la régression, le copiage et le refus de jouer avec l’ami invité à leur demande. Je vous invite vivement à aller y jeter un œil si vous êtes concernés, on y apprend encore plein de choses !

Selon son âge

Isabelle FILLIOZAT aborde ici d’autres sujets épineux…

Le mensonge

Là encore, il ne faut pas réfléchir en tant qu’adulte. Le mensonge des enfants n’en est souvent pas un. En tous cas pas avant quatre ans.

En effet, selon l’âge, il s’agit d’une réponse au hasard, car l’enfant ne se souvient pas encore de ses actes, ou il fait en fonction de l’image qu’il s’est fait dans sa tête ou encore, vers trois ans et demi, il découvre qu’il peut inventer une vérité, créer des images et il teste le pouvoir des mots. C’est à quatre ans seulement, qu’il comprend que mentir peut lui éviter des conséquences.

Dans tous les cas, mettre l’idée de mensonge dans le cerveau de l’enfant n’est pas forcément pertinent.

Le rangement de la chambre

On y va par étapes !

Douze mois, je montre ; Deux ans, j’offre des choix ; Trois ans je propose mon aide ; Quatre ans une consigne à la fois !

Bon ben, il n’y a plus qu’à !

Isabelle FILLIOZAT termine ce chapitre en nous expliquant les huit étapes de résolution d’un problème avec un enfant entre 1 et 5 ans, je me contenterai de vous les lister mais je pense que cela vous parlera si vous avez lu mon premier article sur la « méthode GORDON » :

1/ Toujours privilégier la relation,

2/ Évaluer les besoins et possibilité de chaque âge,

3/ Réfléchir : Qui a le problème ?

4/ A quel problème ce symptôme répond-il ?

5/ Quel est mon objectif ?

6/ Évoquer différentes options d’attitude,

7/ Mettre en œuvre l’attitude choisie,

8/ Évaluer le résultat.

En suivant ces huit étapes, chaque problème devrait pouvoir trouver sa solution.

Et chez vous, qu’en pensez-vous ?

Le Dr FILLIOZAT conclue par une petite comparaison des enfants d’hier est d’aujourd’hui qui pourrait se résumer par cette phrase :

Ce ne sont pas les enfants qui ont changé, mais leur environnement.

Alors à nous de les aider à se préparer au mieux à ce monde qui les attend !

Ma conclusion sur ce livre :

« J’ai tout essayé » est un livre vraiment facile à lire et à comprendre. Il nous permet de vraiment nous mettre dans la tête de nos enfants et ainsi mieux adapter nos comportements face à eux.

Les dessins d’Anouk Dubois sont simples et efficaces. Ils égayent et facilitent la lecture, c’est un vrai plaisir.

A la lecture de ce livre, je ne me suis pas sentie jugée, en tant que parent. Isabelle FILLIOZAT nous met face à nos contradictions et notre « ignorance » scientifique tout en douceur et pédagogie, cela fait du bien.

A la fin de ma lecture, je me suis sentie plus rassurée face à mon fils, moins désœuvrée face à ses crises et notre relation en est plus apaisée.

Évidemment, il n’est pas possible de tout assimiler et tout retenir dès la première lecture, mais la construction du livre et le déroulé des chapitres nous permet de nous replonger au besoin dans la partie qui nous intéresse, selon les évolutions de comportement ou l’âge de nos enfants, sans difficulté. C’est très appréciable.

Un livre à garder sous la main tout au long de l’évolution de nos enfants de 1 à 5 ans !

Points faibles / points forts DU livre :

Points faibles : Franchement je n’en vois pas. Peut-être que certains trouverons qu’il y a des redondances mais elles sont logiques au vu de la construction du livre, donc pour moi, il n’y a pas de point faible notable pour ce livre.

Points forts : De vrais exemples, des solutions concrètes à tester tout de suite et qui fonctionnent pour ce que j’ai pu en constater. Une lecture fluide et des dessins explicites qui facilitent la lecture et la compréhension.

Pour acheter ce livre, rien de plus simple, vous trouverez un lien d’achat au niveau des références du livre dans Ma bibliothèque.

Bonne lecture, et à très vite pour une nouvelle chronique éducative !

« J’ai tout essayé ! »
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