L’écoute active

Ou comment communiquer efficacement.

Pour faire suite à mon dernier article pratique sur Le langage de l’acceptation, voici comme promis LA méthode pour éviter des conflits inutiles…

Temps de lecture <10 minutes

En quoi consiste l’écoute active ?

L’écoute active consiste à mettre en mots les non-dits (émotions et sentiments) exprimés de manière implicite par l’enfant. Plus qu’une simple reformulation, elle permet de décoder le besoin caché derrière la demande ou la réaction d’un enfant.

Il s’agit, par exemple, de reformuler les propos de son enfant, qui revient de l’école en rogne, pour ouvrir la discussion. Ensuite, lui poser des questions ouvertes dans le but d’affiner notre compréhension de son besoin, voire de sa détresse. Ceci afin de lui donner l’opportunité d’approfondir l’analyse de sa situation et, dans un premier temps, lui permettre de mettre des mots sur ses émotions.

L’écoute active nécessite une certaine faculté d’empathie, de façon à ressentir les sentiments de l’autre, sans se mettre vraiment à sa place. Elle nécessite également de respecter certaines « règles » pour être efficace.

Mais d’abord, vous êtes vous déjà demandé comment fonctionne la communication ? Eh bien, c’est ce que nous allons voir ici, car c’est seulement quand on a compris ce fonctionnement que l’on peut appréhender correctement l’écoute active.

Comment utiliser l’écoute active ?

B.A.BA de la communication

Pour utiliser efficacement l’écoute active, il est important de bien comprendre le processus de communication entre deux personnes.

Lorsque quelqu’un prend la parole, notamment un enfant, il le fait pour exprimer un besoin. La façon d’exprimer ce besoin n’est cependant pas toujours claire (soit parce qu’elle n’est initialement pas claire dans l’esprit de l’enfant, soit parce qu’il a peur de l’exprimer clairement, soit parce qu’il ne sait pas l’exprimer clairement, etc.). Dans tous les cas, lorsque l’enfant s’exprime, il utilise la parole comme un code permettant de transcrire ce besoin. C’est le codage.

Le parent reçoit alors ce code et doit le décoder afin d’en comprendre la signification et d’en saisir le sens. C’est le décodage.

L’écoute active consiste ici à vérifier que nous avons bien décodé le message de notre enfant et ainsi maintenir la communication ouverte. Cela nous permet de mieux comprendre nos enfants, donc de mieux les aider à exprimer leurs sentiments et émotions, et aussi mieux répondre à leurs besoins.

Voici un schéma qui sera, peut-être, plus parlant :

Comment être en écoute active ?

Pour utiliser efficacement l’écoute active, il est indispensable :

  • d’être réellement disponible pour entamer la discussion : adopter une attitude physique de disponibilité,
  • d’exclure toute envie d’interprétation  : c’est à l’enfant d’affiner ses pensées et à lui de définir ce qu’il ressent,
  • d’exclure toutes idées préconçues : personne n’a la science infuse, garder l’esprit large,
  • d’être en mesure de rester neutre et bienveillant,
  • d’être en condition de témoigner de l’empathie.

Ensuite, il faut :

  • donner de nombreux signes d’intérêt (visuels et verbaux),
  • Laisser l’enfant s’exprimer sans l’interrompre,
  • Pratiquer l’écoute passive (silences),
  • Le questionner si besoin (questions ouvertes),
  • L’inciter à préciser sa pensée le cas échéant,
  • Reformuler avec les termes de l’enfant puis avec les nôtres,
  • Et confirmer notre bonne compréhension.

L’avantage de l’écoute active est qu’elle permet d’établir un lien de confiance rapide quand elle est utilisée efficacement et à bon escient.

Par ailleurs, il n’est parfois même pas nécessaire d’aller très loin dans la discussion car le fait d’être écouté avec attention peut suffire à l’enfant, cela lui permettant de percevoir d’un œil neuf son problème et d’avancer.

Mésusage

Attention cependant, l’écoute active n’est pas une simple technique à sortir de son chapeau seulement quand on a envie, elle doit s’inclure dans un vrai changement d’attitude face à son enfant si nous voulons qu’elle fonctionne vraiment sur le long terme.

Pour que cela fonctionne il faut donc :

  • VOULOIR ÉCOUTER (et donc pouvoir prendre le temps),
  • sincèrement VOULOIR AIDER l’autre,
  • être capable d’ACCEPTER LES SENTIMENTS de l’autre même s’ils sont différents des nôtres,
  • avoir un profond SENTIMENT DE CONFIANCE dans la capacité de son enfant à gérer ses propres sentiments et trouver des solutions à ses problèmes,
  • ne PAS AVOIR PEUR DES SENTIMENTS de son enfant car ils sont souvent fluctuants,
  • et surtout être capable de VOIR SON ENFANT COMME UNE PERSONNE DIFFÉRENTE DE SOI, un être unique et autonome.

En résumer : être un agent d’aide pour son enfant et non une substitution.

Evidemment, comme pour toute nouvelle compétence, l’écoute active ne se maîtrise pas en un jour. Il est nécessaire de s’entraîner souvent afin d’affiner sa pratique et réussir à l’employer avec succès.

Je suis moi-même encore en période d’apprentissage et je ne vous cache pas que ce n’est pas facile tous les jours. Cependant, je m’en sers aussi bien avec mon fils que dans mes autres relations sociales (avec mon conjoint parfois, avec mes amies proches souvent et dans le cadre de mon rôle de représentante du personnel au bureau) et je dois dire que c’est utile !

Quand utiliser l’écoute active ?

Pour savoir à quel moment utiliser l’écoute active, il est important de bien situer le problème. Déterminer à qui « appartient » le problème.

Il y deux principaux cas de figure :

1/ Soit l’enfant « a un problème » (il est fâché, contrarié, etc.) et son état émotionnel rend sa relation à l’autre insatisfaisante : le problème lui appartient.

2/ Soit l’enfant n’a pas de problème et tous ces besoins sont satisfaits, cependant son comportement influe négativement sur son prochain (par exemple il crie pour jouer ou fait de la musique en tapant sur la table pendant le repas, etc.) : le problème appartient à l’autre personne.

L’écoute active sera donc très intéressante dans le cas 1/ mais certainement inutile dans le cas 2/

Pour quels types de problèmes ?

Tous. Du moment qu’ils lui « appartiennent », l’écoute active s’utilise pour tous les problèmes du quotidien de l’enfant.

***

J’espère que cet article vous sera utile.

Si, chez vous, vous utilisez déjà l’écoute active ou avez déjà essayé, laissez votre avis en commentaire, cela m’intéresse !

Et si vous avez des problématiques à me soumettre pour mes prochains articles ou mes prochaines chroniques, n’hésitez pas, je suis à votre écoute !

A très vite pour un autre article pratico-pratique !

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2 réflexions sur « L’écoute active »

  1. Coucou
    Très intéressant – je pense que cette méthode peut, en effet, être appliquée dans Le milieu professionnel 😉👍
    Anne Marie

    1. Bonjour,
      Merci pour ton commentaire !
      En effet, c’est une méthode qui peut s’utiliser dans toutes sortes de relations, et notamment dans les relations incluant une « hiérarchie » (Parent-enfant, Encadrant-encadré, etc.) qui peuvent facilement dévier vers des conflits si les deux parties ne se comprennent pas.

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