PARENTS EFFICACES Une autre écoute de l’enfant – Dr Thomas GORDON

Un livre que tous les parents devraient lire, d’autant plus si des problèmes de communication émergent au sein de la famille.

Pour le premier article de ce blog, j’ai choisi de vous parler de ce livre épatant : PARENTS EFFICACES Une autre écoute de l’enfant, écrit en 1970 (oui oui vous avez bien lu) par le Dr Thomas GORDON, traduit en français en 1976.

Vous trouverez toutes les références de cet ouvrage dans Ma bibliothèque, avec un lien si vous souhaitez vous le procurer.

Qui est le Dr GORDON ?

Dr Thomas GORDON (1918-2002) est un psychologue et Docteur en psychologie américain. Pionnier dans la conceptualisation de la résolution des conflits par l’instauration d’une relation gagnant-gagnant (ou sans perdant), proposant notamment une nouvelle approche de la communication orale.

La « méthode GORDON » est enseignée à travers de nombreux pays dont la France. Elle s’adresse à tous les secteurs organisés en « hiérarchie » dont la famille fait partie.

Il existe notamment des formations pour les parents, pour les enseignants et pour les cadres et dirigeants.

Dr GORDON : l’homme qui parlait à l’oreille des parents…

Et ça fait du bien !

Quand un enfant est « mal élevé », c’est directement les parents que l’on blâme, mais qui cherche à aider les parents ? Où leur apprend-on à identifier leurs maladresses et les moyens d’y remédier ?

Ce sont les questions que le Dr GORDON c’est posé il y a maintenant des dizaines d’années et auxquelles il a tenté de répondre grâce à la mise en place d’un programme de formations et différents livres dont celui-ci.

En quoi consiste la formation du Dr GORDON ?

La formation dont est issu ce livre nous enseigne, à nous parents, une méthode facile d’accès qui encourage les enfants à accepter la responsabilité de trouver par eux-mêmes les solutions à leurs problèmes et nous démontre comment cette méthode peut s’appliquer immédiatement à la maison.

Cette méthode se nomme l’écoute active, elle a déjà été testée et approuvée par de nombreux parents par-delà le monde.

En bref

L’ECOUTE ACTIVE : Il s’agit tout simplement d’une méthode utilisée par les consultants et les thérapeutes professionnels spécialisés en psychologie pour aider les personnes, et notamment les enfants, à surmonter des problèmes affectifs ou des difficultés d’adaptation.

En détails…

Je suis maintenant certain que les adolescents ne se rebellent pas contre leurs parents. Ils se rebellent simplement contre certaines méthodes de discipline employées presque universellement par les parents. La dissension et les bouleversements dans les familles peuvent devenir l’exception et non la règle générale si les parents apprennent à employer une nouvelle méthode pour résoudre les conflits.

Ça fait rêver non ?

Alors voyons comment « établir et maintenir une relation globale et authentique avec un enfant, quelles que soient les circonstances », grâce au Dr GORDON.

Les parents ne sont pas des Dieux.

Il est toujours bon de le rappeler : les parents sont avant tout des personnes et en cela ils ne sont pas infaillibles. Et pour le Dr GORDON, oublier sa propre nature d’être humain, c’est la pire erreur que puisse faire un parent.

Un parent efficace se permet d’être une personne, une personne VRAIE. […]

Vous n’avez pas à être constant pour être un parent efficace. Vous n’avez pas à démontrer de l’affection ou de l’acceptation quand, au fond de vous-même, vous n’en avez pas du tout envie. Vous n’avez pas non plus à ressentir le même degré d’affection et d’acceptation pour tous vos enfants. Enfin, un père et une mère n’ont pas à présenter un front commun dans leur relation avec leurs enfants. Il est cependant ESSENTIEL que vous appreniez à connaitre ce qu’au fond de vous-même VOUS RESSENTEZ.

Pffffiou ! Ça vous parle un peu ces phrases ?

Pour ma part, je vous avoue que cela m’a laissé perplexe quelques temps. Puis, au fur et à mesure des pages, je me suis dit qu’il n’avait pas tort.

Voici un résumé de ce qui m’a le plus marqué dans ce que nous explique le Dr GORDON dans ce chapitre :

Le parent, comme toute personne, peuvent éprouver deux types de sentiments vis-à-vis d’autrui, et notamment de leurs enfants : de l’acceptation et de l’inacceptation.

Si le comportement de votre enfant, dans un certain contexte et à un moment donné, se situe dans votre zone d’acceptation, aucun souci. Si par contre le comportement de votre enfant se situe dans votre zone d’inacceptation, les problèmes commencent.

Chaque parent étant différent (chacun ayant son propre caractère), certains vont avoir une grande zone d’acceptation tandis que d’autres auront plutôt une grande zone d’inacceptation et seront donc plus souvent en conflit avec leurs enfants.

Cependant, la limite entre ces deux zones peut être fluctuante et notamment influencée par des facteurs extérieurs à la personne elle-même (contexte) comme par exemple la fatigue, le lieu, la période, etc. Les parents seront donc parfois inconstants face aux comportements de leurs enfants et c’est NORMAL.

Elle peut également être liée à l’enfant. En effet, un parent pourra avoir une zone d’acceptation plus grande pour un enfant que pour un autre, par exemple si l’un est plus concentré que l’autre ou s’il est moins étourdi ou encore plus ou moins fragile, etc.

Avec cet éclairage nouveau, il apparait évident que tenter d’être toujours égale à l’égard de ces enfants est plutôt utopiste.

Cette idée est non seulement irréaliste, mais elle a occasionné des sentiments de culpabilité chez beaucoup de parents […]

De même, présenter un « front commun » est tout aussi irréalisable au quotidien. Cela engendre forcément une situation fausse pour l’un des deux parents à un moment ou à un autre. C’est donc, là aussi, une fausse bonne idée à oublier.

Rien qu’avec ces constats, je ne sais pas vous, mais moi je me sens un peu plus légère !

Globalement, ce que nous dit ici le Dr GORDON, c’est qu’il est préférable d’être VRAI, c’est à dire en accord avec ce que l’on ressent, quitte à être imparfait, plutôt que de laisser l’enfant recevoir des messages confus et contradictoires (contradiction entre les messages verbaux et non-verbaux) qui seront bien plus dommageables à la relation entre le parent et l’enfant.

Savoir écouter pour que l’enfant parle :

[…] bien des enfants s’isolent de leurs parents en refusant de parler avec eux de leurs sentiments profonds. Les enfants apprennent que parler à leurs parents ne les aide pas et souvent leur nuit. En conséquence, beaucoup de parents ratent des milliers de chances d’aider leurs enfants […]

Aïe. Oui mais alors, comment on fait pour changer ça ?

Le langage de l’acceptation

L’acceptation est le sol fertile qui permet au grain minuscule de se développer, de s’épanouir et de produire la magnifique fleur qu’il contenait en puissance.

Cette phrase résume bien ce que nous explique le Dr GORDON dans ce chapitre.

Un langage d’acceptation sera bien plus bénéfique et utile à l’enfant et à la relation parent-enfant que le langage habituel d’inacceptation. Il est donc temps d’apprendre les méthodes qu’emploient les consultants professionnels.

Un parent doit apprendre à communiquer son acceptation d’une façon que son enfant la ressente.

Alors, allons-y, apprenons à parler d’une façon constructive (« communication thérapeutique »). Mais il va d’abord falloir désapprendre notre façon destructive de communiquer… (si, si) Et pour cela, nous devons observer nos façons habituelles de communiquer.

La communication non-verbale

Les messages non-verbaux sont communiqués par les gestes, les attitudes, les expressions du visage ou autres comportements.

Un simple signe de la main pourra être interprété par l’enfant comme un signe d’inacceptation ou d’acceptation (paume vers l’enfant = « stop », « va-t’en », « laisse-moi » / paume vers soi = « viens », « approche »).

La non-intervention

Intervenir dans tout ce que fait l’enfant, même avec les meilleures intentions du monde, peut être interprété comme un signe d’inacceptation.

Il serait donc plus approprié de laisser l’enfant faire ses propres expériences, dans la mesure du possible, pour lui permettre d’expérimenter ses « erreurs » ou simplement créer à sa façon personnelle, même si la création en question ne correspond pas à l’image que nous nous en faisions ou à ce que nous attendions. L’enfant se sent alors reconnu, accepté, valorisé.

Se garder d’intervenir lorsqu’un enfant vaque à ses propres activités reste un éloquent message non verbal d’acceptation.

L’écoute passive

Ne rien dire peut aussi communiquer clairement l’acceptation.

Si on écoute VRAIMENT, évidemment. Il ne s’agit pas d’écouter distraitement en regardant son téléphone, mais bien d’écouter sans intervenir ou alors par de simples hochements de tête ou haussements d’épaules, des « ah oui » « vraiment » par exemple, pour marquer son intérêt.

Cela incite l’enfant à dépasser le stade de la narration et de mettre des mots sur ses sensations et ses sentiments. Voire même de trouver une solution ou une échappatoire à son problème, en arrivant librement à une conclusion, sans intervention du parent, qui a habituellement tendance à vouloir trouver des solutions pour son enfant ou même à le juger parfois (il faut bien le reconnaitre).

Communication verbale

Il n’est évidemment pas possible de garder le silence trop longtemps dans une discussion. Mais attention :

Les parents doivent regarder de près le genre d’observations qu’ils adressent à leurs enfants, car c’est là que se trouve un secret de leur efficacité dans leur fonction de parents.

Les 12 réponses typiques que l’on apporte à nos enfants :

1/Donner des ordres, diriger, commander,

2/Avertir, mettre en garde, menacer,

3/Moraliser, prêcher, faire la leçon,

4/Conseiller, donner des suggestions ou des solutions,

5/Argumenter, expliquer, persuader par la logique,

6/Juger, critiquer, être en désaccord, blâmer,

7/Complimenter, être d’accord, évaluer positivement, approuver,

8/Traiter de divers « noms », ridiculiser, faire honte,

9/Interpréter, psychanalyser, diagnostiquer,

10/Rassurer, sympathiser, consoler, soutenir,

11/Enquêter, questionner, interroger,

12/Esquiver, distraire, faire de l’humour.

Vous vous reconnaissez dans plusieurs de ces catégories de réponses ? Moi oui. Il y en a même que j’étais plutôt fière d’employer (7/ 10/ 11/), et pourtant…

Il faut, pour comprendre les effets de ces 12 réponses typiques, se rendre à l’évidence qu’elles contiennent généralement plus d’un sens, plus d’un message, et que l’enfant le ressent.

Par exemple si un enfant dit à son père : « J’aime pas l’école, c’est nul, je n’y retournerai jamais ! » et que celui-ci lui répond : « L’école s’est obligatoire, il faudra bien que tu t’y fasses » (5/) ou encore, « Moi non plus je n’aimais pas ça au début, mais tu verras ça passera » (10/), l’enfant pourra se sentir incompris, blessé que l’on n’accorde pas plus de crédit à ses sentiments.

Une façon assez simple pour les parents que nous sommes de se rendre compte de l’effet que peuvent avoir ces 12 réponses types est de se remémorer nos propres réactions lors d’une discussion avec un proche ou un collègue. On se rappellera alors certainement s’être senti parfois jugé, rabaissé, incompris ou même bête.

Il est ensuite plus facile d’imaginer ce que peut penser ou ressentir son enfant face à de telles réponses et à l’effet destructeur qu’elles peuvent avoir, sachant qu’un enfant ne se raisonne pas, ne relativise pas, comme un adulte sait le faire.

D’après le Dr GORDON, ces 12 types de réponses sont donc celles que nous devons apprendre à ne plus employer à tout bout de champs.

Mais alors, quelles réponses restent-il ??

Invitations et simples réceptions

Ou invitation à en dire d’avantage…

Ce sont des réponses qui ne communiquent aucune opinion, aucun jugement ou sentiment de celui qui écoute, tout en invitant l’enfant à partager ses idées, jugements ou sentiments personnels. Elles ouvrent la porte et l’invitent à parler.

« Je vois », « Vraiment ? », « Tu as fait ça ! », « Raconte-moi ! », « Vas-y je t’écoute », « On dirait que tu en as beaucoup sur le cœur », « Ça me semble important pour toi », etc.

Se sentir entendu et reconnu, sans jugement, c’est sûr que ça donne plus envie de s’exprimer que des réponses fermées.

Mais, surprise, il y a encore plus efficace que les simples réceptions ! Et nous rentrons là dans le cœur de la méthode du Dr GORDON…

L’écoute active

Ou comment garder la porte de la parole ouverte… (c’est beau, non?)

Afin d’apprendre comment employer l’écoute active, il est important de bien comprendre le processus de communication entre deux personnes.

Chaque fois qu’un enfant décide de communiquer avec un parent, il le fait parce qu’il en a BESOIN. […] Nous disons que l’organisme de l’enfant est alors dans un état de déséquilibre momentané. Afin de rétablir son équilibre, l’enfant décide de parler.

La parole est alors un code permettant de transcrire ce besoin, cet état de déséquilibre (codage).

Le parent reçoit ce code et doit ensuite le décoder afin d’en comprendre la signification et d’en saisir le sens (décodage).

Par exemple, un enfant qui a faim dit à sa mère : « Maman, on mange bientôt ? » La mère reçois le message est le décode correctement : « Tu as faim mon chéri ? » Bingo ! Communication réussie !

Par contre, si la mère décode mal le message est l’interprète en pensant que l’enfant est pressé car il a d’autres projets : « Je te préviens, tu ne sors pas voir tes copains après manger ! Tu as école demain ! » Paf ! Communication rompue et tout le monde se fâche.

Si, dans ce 2e cas, la mère décide plutôt de vérifier son décodage avant de s’énerver : « Tu as quelque chose de prévu après manger ? », l’enfant comprend que sa mère a mal décodé son message et peut réajuster : « Non maman, j’ai super faim, on avait sport cet après-midi » La communication reste ouverte, tout le monde c’est compris. « Ah je vois, tu dois être affamé ! Malheureusement le dîner ne sera prêt que dans une heure, tu veux grignoter quelque chose en attendant ? »

Voilà comment éviter des conflits inutiles qui ne sont finalement dus qu’à des incompréhensions, il s’agit de l’écoute active : vérifier que l’on a bien décodé le message de son interlocuteur, ici son enfant.

Dans ce chapitre, vous trouverez de nombreux exemples d’échanges, dans lesquels le parent utilise l’écoute active, afin de bien s’en imprégner.

Bien sûr si, comme moi, vous n’êtes pas vraiment habitués à ce type de communication, cela peut paraître difficile à appliquer naturellement et nos enfants, eux-mêmes, pourraient trouver ça louche au début. Mais le Dr GORDON nous rassure et nous relate des propos de parents qui lui ont raconté leurs expériences d’écoute active après y avoir été initié lors d’une des formations à la méthode GORDON et s’être lancés malgré leur scepticisme. Car après tout, quoi de mieux pour se faire une idée d’une méthode que de l’essayer soi-même ?

J’ai moi-même commencé à appliquer l’écoute active avec mon fils de 2 ans dans certaines situations et je suis plutôt épatée des résultats, alors que je suis encore loin de maîtriser la technique et qu’il n’a QUE 2 ans ! (et c’est d’ailleurs pour cela que j’étais si pressée de vous parler de ce livre !)

L’écoute active aide les enfants à réduire leur peur des sentiments négatifs. […] L’écoute active établit des liens chaleureux entre le parent et l’enfant. […] L’écoute active aide l’enfant à résoudre lui-même ses problèmes. […] L’écoute active amène l’enfant à être plus réceptif aux opinions et aux idées de ses parents. […] L’écoute active laisse à l’enfant l’initiative de la conversation. […]

L’écoute active est en résumé un des meilleurs moyens d’aider un enfant à mieux prendre en main son orientation et ses responsabilités et à devenir autonome.

Attention cependant, l’écoute active n’est pas une simple technique à sortir de son chapeau seulement quand on a envie, elle doit s’inclure dans un vrai changement d’attitudes face à son enfant si l’on veut qu’elle fonctionne vraiment sur le long terme et ainsi devenir des parents efficaces.

On doit VOULOIR ÉCOUTER (et donc pouvoir prendre le temps), sincèrement VOULOIR AIDER l’autre, être capable d’ACCEPTER LES SENTIMENTS de l’autre même s’ils sont différents des nôtres (s’acquière avec le temps), avoir un profond SENTIMENT DE CONFIANCE dans la capacité de son enfant à gérer ses propres sentiments et trouver des solutions à ses problèmes (vient également avec le temps et l’expérience), ne PAS AVOIR PEUR DES SENTIMENTS de son enfants car ils sont souvent fluctuants, et surtout être capable de VOIR SON ENFANT COMME UNE PERSONNE DIFFÉRENTE DE SOI, un être unique et autonome. Et ainsi être un agent d’aide pour notre enfant et non une substitution.

Une fois cela dit, reste à savoir quand et comment appliquer l’écoute active de façon efficace.

Application des capacités d’écoute active

Les parents sont généralement emballés lorsqu’ils découvrent ce que l’écoute active peut leur permettre d’accomplir. Cependant, son application demande des efforts : et même si elle présente des difficultés dans les débuts, il y a lieu de l’employer souvent.

Eh oui. Comme pour toute nouvelle compétence, l’écoute active ne se maîtrise pas en un jour et il est nécessaire de s’entraîner souvent afin d’affiner sa pratique et devenir expert en la matière.

C’est par la pratique que vient l’efficacité […]

Alors ne désespérons pas et PERSÉVÉRONS ! (Ce qui est d’ailleurs valable dans tous les domaines…)

Quand utiliser l’écoute active ?
Déterminer à qui « appartient » le problème

Pour savoir à quel moment utiliser l’écoute active, il est important de bien situer le problème.

Le moment le mieux approprié pour employer l’écoute active, c’est lorsque l’enfant laisse voir qu’il a un problème.

En effet, il y deux principaux cas de figure qui jouent négativement sur une relation :

1/ L’enfant « a un problème » (soit il a un besoin insatisfait, soit il n’est pas content de lui) et son état émotionnel rend sa relation à l’autre insatisfaisante : le problème lui appartient.

2/ L’enfant n’a pas de problème et tous ces besoins sont satisfaits, cependant son comportement influe négativement sur son prochain en l’empêchant de satisfaire ses propres besoins : le problème appartient à l’autre personne.

L’écoute active sera donc très intéressante dans le cas 1/ mais fort peu utile dans le cas 2/

Il est intéressant de comprendre, comme nous l’explique le Dr GORDON, que l’écoute active ne débouche pas toujours sur une solution au problème de l’enfant ou en tout cas pas tout de suite. Mais elle le soulage car il se sent compris et accepté, ce qui fait, en soit, toute la différence.

C’est le même phénomène qui semble jouer quand on se plaint de la température : […] on sait évidemment qu’on ne peut pas changer la situation, mais il semble qu’en exprimant ses sentiments négatifs en présence d’une personne qui accepte et comprend, on se sent soulagé et aidé.

Pour quels types de problèmes, seulement les gros ?

Non. L’écoute active s’utilise pour TOUS les problèmes du quotidien de l’enfant, pour peu qu’ils lui « appartiennent » comme vu ci-avant.

Exemple banal, un enfant tombe et se fait mal au genou, il pleure. Réponse banale : Le parent époussette les genoux de l’enfant en disant « C’est fini, ce n’est rien » « C’est un tout petit bobo, allez ça ne fait pas mal ». L’enfant pleur de plus belle, le parent se fâche car l’enfant se fait remarqué etc.

Cette scène vous parle ? Essayons l’écoute active pour voir :

Exemple banal, un enfant tombe et se fait mal au genou, il pleure. Le parent s’accroupit et utilise tout de suite l’écoute active : « Oh, ça fait mal ça », l’enfant acquiesce en se frottant le genou, il vient se réconforter dans les bras du parent et arrête de pleurer (testé et approuvé !)

[…] l’emploi de l’écoute active provoque souvent un arrêt soudain des pleurs, dès qu’il est certain que son parent sait ce qu’il ressent et comprend jusqu’à quel point il a mal ou a peur.

Cette démarche s’applique tout aussi bien lorsque les enfants sont turlupinés par des idées ou des questions d’actualité. Il est alors intéressant d’explorer leur point de vue plutôt que de les juger ou les corriger sans attendre.

Les erreurs à éviter dans l’emploi de l’écoute active

Manipuler les enfants par les conseils,

Ouvrir la porte de la communication, puis la refermer brusquement,

Faire le perroquet,

Écouter sans sympathie (sans essayer de comprendre ce que l’autre ressent),

Utiliser l’écoute active au mauvais moment (forcer l’enfant à parler, alors que celui-ci n’en a pas envie pour le moment).

L’écoute active avec les tout-petits (<3ans)

Bon, c’est bien beau tout ça mais ça fonctionne si l’enfant s’exprime avec des mots… Comment procède-t-on si notre bout de choux ne s’exprime qu’à petits (ou grands !) cris et autres babillages ??

Comment écouter les enfants trop jeunes pour s’expliquer.

Pour employer l’écoute active avec les enfants plus jeunes, les parents doivent comprendre la communication non verbale et trouver une façon de répondre effectivement aux messages non verbaux qu’émettent leurs jeunes enfants.

Ah bah oui, mais c’est bien là le problème… il est où le décodeur ?

Le Dr GORDON nous explique ici que même si les enfants de moins de 3 ans sont quasi-totalement dépendants de leurs parents pour répondre à un grand nombre de leurs besoins, ils n’en restent pas moins capables de résoudre des problèmes qu’ils rencontrent par eux-mêmes (en se servant de nous évidemment !).

Pour aider son tout petit à résoudre ses problèmes il faut apprendre à le comprendre, et donc à l’écouter, mais cette fois dans le sens observer. Et comme pour l’écoute active « basique », il faut tenter de découvrir si nous avons décodé correctement les signaux non-verbaux de l’enfant et pour cela nous allons utiliser une méthode non verbale (répondre par une action).

Il s’agit, en clair, de tester différentes choses jusqu’à ce que l’enfant réponde positivement. Par exemple, 20h bébé pleure (j’ai froid) … vous lui donnez à boire (il doit avoir faim), l’enfant s’arrête de pleurer le temps de la tétée mais il cesse rapidement de boire et s’endort dans vos bras (au chaud) puis quand vous le reposez doucement dans son couffin, paf, en quelques instants il se remet à pleurer… Vous le reprenez pour le bercer (il a besoin de réconfort, un gros câlin et ça ira mieux !), il s’endort de nouveau (re au chaud !) mais rebelote, quand vous le reposez dans son couffin… (Aaarg!) Alors, tilt, vous vous dites, « il a peut-être froid ! » et lui rajoutez une bonne couverture polaire par-dessus sa gigoteuse et, youpi, bébé est comblé, une petite berceuse et le tour est joué, vous pouvez retourner vous coucher !

Alors évidemment, la plupart du temps, notamment dans les premiers mois avec bébé ça ne se passe pas aussi « facilement » puisqu’il y a énormément de raisons pour qu’il se mette à pleurer et que, surtout quand nous devenons parent pour la première fois, le décodeur est loin d’être opérationnel (et avec la fatigue nous sommes loin d’être toujours patient). Mais dans l’absolu cette méthode fonctionne et c’est, d’ailleurs, souvent celle que l’on pratique « d’instinct » sans le savoir. On « tâtonne » et on finit toujours, plus ou moins, par trouver ce qui ne va pas.

Cela étant dit, je trouve appréciable de lire les propos du Dr GORDON car cela permet de prendre du recul et de mieux comprendre comment fonctionne son enfant et comment l’aider au mieux, dès le plus jeune âge.

Le Dr GORDON insiste sur le fait qu’il est nécessaire, pour une bonne communication avec ses très jeunes enfants, de passer beaucoup de temps avec eux au cours des deux premières années de leur vie. Et si cela est parfois (souvent) difficile, ça n’en est pas moins essentiel pour une bonne communication (enrichir son décodeur).

Mais la présence n’est pas suffisante en elle-même. Le facteur principal est l’efficacité des parents à écouter et à comprendre correctement la communication non verbale de l’enfant pour ainsi savoir ce qui se passe en lui et pouvoir lui donner ce dont il a besoin quand il en a besoin.

Le Dr GORDON remet également en question les principes qui font souvent débat en termes d’éducation (sein ou biberon, sevrage précoce ou tardif, alimentation sur demande ou à horaires fixes, heure de couché, propreté, etc.), estimant que tout est une question de diversité des besoins de chaque enfant et qu’il n’y a donc pas de règles universelles, et aucune raison de culpabiliser les parents.

Une écoute adéquate peut avoir comme résultat qu’une mère sèvre un enfant plus tard, un autre plus tôt et un troisième quelque part entre les deux. Je crois fermement que le même principe s’applique à la plupart des principes d’éducation des enfants qui suscitent tellement de controverses […]

Se faire écouter…

L’écoute active c’est super, mais ça ne fait pas tout. En effet, de nombreux conflits familiaux sont dus à la mauvaise écoute des parents, mais l’écoute des enfants est également importante, notamment quand le problème appartient au parent.

Après avoir travaillé sur l’écoute des parents lorsque le problème appartient à l’enfant, nous allons donc voir, dans les chapitres suivants, les méthodes permettant de résoudre les conflits issus des cas où c’est le parent qui « a un problème ».

Comment parler pour que vos enfants écoutent.

Les parents ont besoin de moyens efficaces pour traiter les comportements de leurs enfants qui briment leurs propres besoins. Après tout, les parents ont eux aussi des besoins. Ils ont leur propre vie à vivre ainsi que le droit de retirer plaisir et satisfaction de leur existence.

Il est vrai qu’on a tendance à l’oublier quand on devient parents, notamment les premières années.

Le piège, dans le fait de toujours faire passer ses enfants avant soit, peut-être d’avoir la déception de découvrir que ceux-ci n’auront, en grandissant, que peu (voire pas) de considération pour nos propres besoins puisque nous nous serons appliqués à leur faire penser que nous n’en avons pas (ou, en tout cas, pas qui seraient au moins aussi important que les leurs), au risque de devenir (ou rester !) des parents aigris, frustrés voire totalement en froid avec nos enfants.

Nous allons maintenant centrer notre propos sur la façon dont les parents doivent parler à leurs enfants pour que ceux-ci écoutent leurs sentiments et respectent leurs besoins.

Quand le problème appartient au parent, la méthode de communication est totalement différente. Là c’est le parent qui va s’exprimer, en espérant que l’enfant prendra en compte les sentiments et besoins révélés et adaptera son comportement.

Avant tout, il faut vraiment bien assimiler la différence entre les situations où c’est l’enfant qui « a un problème » (il a un besoin insatisfait ou n’est pas content de lui et son état émotionnel rend sa relation à l’autre insatisfaisante) de celle où c’est le parent qui « a un problème » (l’enfant n’a pas de problème et tous ces besoins sont satisfaits, cependant son comportement influe négativement sur son parent en l’empêchant de satisfaire ses propres besoins) car, dans ce deuxième cas, l’écoute active n’aura aucun effet pour modifier le comportement de l’enfant puisque celui-ci n’aura aucun souci à régler envers lui-même. Par exemple, l’enfant joue dans la cuisine, il s’est fait une batterie avec des casseroles et des cuillères et s’en donne à cœur joie : lui n’a aucun problème, bien au contraire, mais vos oreilles à vous, parent, elles ont un sérieux problème ! … (le problème provient du comportement de votre enfant mais il VOUS appartient).

Dans ce cas, le parent a plusieurs solutions :

1/Fuir très loin,

1/Essayer de modifier l’attitude de l’enfant,

2/Essayer de modifier l’environnement,

3/Essayer de se modifier lui-même (si, si, celui-là ce n’est pas une boutade).

1/Essayer de modifier l’attitude de l’enfant

Utopique ? Pas nécessairement…

Tout d’abord, passons en revue, avec le Dr GORDON, les façons inefficaces (et pourtant couramment utilisées) de tenter de modifier le comportement d’un enfant quand celui-ci nous dérange :

Emettre un « message de solution »

-Donner des ordres, diriger, commander,

-Avertir, mettre en garde, menacer,

-Moraliser, prêcher, faire la leçon,

-Conseiller, donner des suggestions ou des solutions.

Emettre un « message dévalorisant »

-Juger, critiquer, blâmer,

-Traiter de divers « noms », ridiculiser, faire honte,

-Interpréter, psychanalyser, diagnostiquer,

-Faire la leçon, argumenter.

Vous remarquerez que l’on retrouve là plusieurs de nos 12 réponses typiques vues précédemment. Et invariablement, celles-ci auront souvent pour effet de déclencher de la résistance ou de la défiance, de la résilience, une sensation de dévalorisation, de rejet, etc.

Pourtant, aurait-on idée de parler ainsi à un invité qui aurait, sans le vouloir, un comportement qui nous dérange ? « Ah mais quel casse-pied ! Ça suffit maintenant, parle moins fort tu me casses les oreilles ! » Ne lui demanderions-nous pas plus poliment, plus gentiment ?

Nous-même nous n’aimerions pas que quelqu’un nous parle comme cela, alors pourquoi le faisons-nous avec nos enfants ? Comment pourrions-nous être plus constructifs ?

Changer les « messages-tu » en « messages-je »

Les « messages-tu » : « Arrête-toi » « Si tu recommence… » « Tu es insupportable » « Tu n’es pas gentil de faire ça » etc. Tous ces messages sont orientés vers l’autre.

Par contre, lorsqu’un parent dit simplement à un enfant le sentiment que provoque chez lui un comportement inacceptable, le message est en général un « message-je ».

Si on en revient au code, un papa fatigué qui dit à son enfant « mon chéri, je suis fatigué, je ne veux pas jouer pour l’instant » (message-je), l’enfant décode « Papa est fatigué », si au contraire le papa dit « laisse-moi tranquille, tu me casse les pieds » (message-tu), l’enfant décodera peut-être « papa ne m’aime pas » ou « Je suis un casse-pieds », mais en aucun cas il ne devinera que le papa est fatigué !

Un « message-je » sera donc sans doute plus efficace car il fait appel à l’empathie de l’enfant et lui laisse la responsabilité de modifier son comportement et risque donc beaucoup moins d’opposer une résistance. N’étant pas un mode de communication habituel, il est cependant difficile de l’utiliser au début puisqu’il nécessite de se mettre à nu et de mettre des mots sur ce que l’on ressent vraiment. Il a cependant l’avantage d’inciter l’enfant à en faire de même.

Attention cependant aux erreurs faites fréquemment qui peuvent faire échouer les tentatives d’utilisation du « message-je » :

– Un « message-tu » déguisé (« J’ai trouvé que ta réaction était irresponsable »),

– Un « message-je » 100% négatif,

– Un « message-je » atténué (dire « je n’aime pas que… » alors que la vérité est que « j’ai eu une peur bleue ! »),

– L’avalanche de « messages-je » (ça soulage, mais ça risque de faire peur aux enfants !)

Dr GORDON le garantit, un « message-je » réussi engendrera des résultats surprenant de la part des enfants.

2/Essayer de modifier l’environnement

Cette méthode est souvent négligée et pourtant très simple à appliquer et extrêmement efficace pour, purement et simplement, éviter des conflits inutiles avec des enfants de tous âges (de l’enfant qui risque de mettre les doigts dans la prise, à l’adolescent qui a besoin de son propre espace privé, en passant par l’enfant de 3 ans qui va attraper le couteau de cuisine pour « faire comme maman »).

Cette méthode peut permettre, selon les besoins, de rendre l’environnement plus stimulant, moins stimulant, moins compliqué, moins dangereux, plus limité ou plus fonctionnel. Il peut s’agir également de remplacer une activité par une autre moins dangereuse, préparer l’enfant à des changements, ou prévoir et planifier avec des enfants plus âgés.

Dans tous les cas, cette méthode a pour but de limiter l’apparition de situations inacceptables pour le parents (enfant qui se met en danger ou trop excité ou au contraire à morphe devant la TV, etc.) car il est clair qu’un enfant ne sera que très difficilement conditionné à évoluer correctement dans un environnement qui ne lui est pas adapté. On se retire donc une grosse épine du pied en adaptant l’environnement à son enfant plutôt que de tenter d’adapter son enfant à son environnement.

Lutte de pouvoir

Quand une situation inacceptable survient et que ni la mise à nu du parent ni le changement d’environnement n’ont d’effet sur le comportement de l’enfant car celui-ci est induit par un besoin réel, il y a conflit de besoins.

Cette fois le problème n’appartient ni à l’un ni à l’autre mais aux deux : le problème appartient à la RELATION.

Dans ce cas, il y a banalement « lutte du pouvoir » et la résolution du conflit ce solde, la plupart du temps, par un gagnant et un perdant, le gagnant étant souvent le parent (méthode autoritaire) et parfois l’enfant (méthode laxiste). Les parents, rarement totalement satisfaits de l’une ou l’autre de ces méthodes, jonglent parfois entre les deux mais sans jamais obtenir vraiment le résultat escompté car, dans le premier cas, ils sont gagnants mais finissent fâchés avec leur enfant et, dans le deuxième cas, leur enfant est gagnant (mais pas pour autant heureux) et eux sont frustrés. Pour le Dr GORDON, bien que très couramment utilisées, ces deux méthodes sont, au mieux, inefficaces et, au pire, dommageables pour la relation parent-enfant ET pour l’évolution psychologique des enfants.

La bonne nouvelle c’est qu’il existe une troisième méthode, autrement plus efficace : la méthode gagnant-gagnant (ou sans perdant) pour laquelle le pouvoir est inutile puisque la résolution des conflits se fera en bonne entente.

La méthode « sans perdant »

Cette méthode, bien que facile à comprendre, nécessite habituellement de la part des parents une formation et une pratique assidue avant qu’ils ne deviennent compétents à l’appliquer.

Cette méthode consiste à résoudre les différends par une entente mutuelle.

C’est d’ailleurs une méthode utilisée dans de nombreuses relations (entre conjoints, entre associés, en affaire, par les syndicats, etc.), notamment quand les deux parties concernées ont un pouvoir estimé équivalent.

Cette méthode « sans perdant » n’emploie pas le pouvoir. Les deux gagnent forcément puisque la solution DOIT être acceptable pour les deux. Personne ne doit se sentir frustré de la solution.

Avec cette méthode, pour un même problème il y aura un panel de solutions possibles et une solution choisie par une famille sera certainement très différente de celle choisie par une autre car elle correspondra vraiment aux personnes concernées.

Non seulement cette méthode semble être une approche plus réaliste pour l’éducation des enfants, mais elle simplifie grandement la tâche de former les parents à une plus grande efficacité dans l’éducation des enfants.

Avec cette méthode, l’enfant est motivé à appliquer la solution puisqu’il est impliqué dans la décision. Par ailleurs, cela permet d’avoir de meilleures chances de trouver une solution de très bonne qualité, originale et qui répondra mieux aux besoins respectifs de chacun. Cela permet également à l’enfant de développer ses capacités de penser par lui-même, de développer moins d’hostilité et plus d’affection. Il y aura moins nécessité de rappels et cette méthode élimine le besoin de pouvoir. En outre, cette méthode permet de traiter les problèmes à fond, en échangeant avec notre enfant comme on le fait avec un adulte.

Le Dr GORDON nous indique qu’une telle méthode a des résultats surprenants puisqu’elle agit comme une thérapie chez un professionnel.

Il y a un aspect thérapeutique dans cette méthode.

Pour ceux qui auraient peur de perdre le « respect » de leurs enfants, vous vous rendrez vite compte en appliquant cette méthode gagnant-gagnant, que celle-ci apporte une notion de respect bien différente de la notion habituelle liée à l’autorité et est, à mon sens, bien plus gratifiante et méritée.

Application de la méthode « sans perdant »

Par quoi commencer ?

Les parents qui ont le mieux réussi leurs premières applications de la méthode sans perdant sont ceux qui ont suivi notre conseille de s’assoir avec leurs enfants et de leur expliquer en quoi consiste cette approche.

Les six étapes de la méthode :

1/Identifier et définir le conflit (impliquer l’enfant : obtenir son attention et sa collaboration),

2/Enumérer les solutions possibles ensemble (en proposer une en premier si l’enfant n’ose pas commencer puis chacun son tour, jusqu’à épuisement. Ne pas commenter les solutions proposées à cette étape),

3/Evaluer les solutions énumérées (chacun s’exprime sur chaque solution proposée, ce qui permet d’éliminer celles qui ne conviennent pas à l’un ou à l’autre, qu’elle qu’en soit la raison. Il est important, pour chacun, d’être totalement honnête avec soi-même à cette étape),

4/Choisir la solution la plus acceptable pour les 2 parties (une solution de très grande qualité émerge souvent naturellement de la discussion. Si ce n’est pas le cas, la question nécessite peut-être que chacun réfléchisse de son côté avant de se réunir de nouveau. Dans tous les cas, ne pas considérer une solution choisie comme immuable),

5/Etablir les moyens d’appliquer la décision (établir en détail qui fait quoi, comment, quand, et tout ce qui sera nécessaire à la bonne réalisation de la solution par chacun, utiliser un tableau de rappel ou une feuille sur le frigo si cela est jugé utile, etc.),

6/Réviser et réévaluer la décision après quelques jours, semaines ou mois (la solution trouvée se révélera peut-être, avec le temps, difficile à réaliser ou à tenir, il est donc toujours nécessaire de vérifier qu’elle satisfait toujours les 2 parties. Il pourra alors se révéler utile d’ajuster la solution ou d’en trouver une nouvelle).

Même si de petits problèmes peuvent se régler sans avoir à franchir toutes les étapes, les conflits plus importants se régleront mieux si les parents maîtrisent chacune des étapes.

La nécessité de l’écoute active et des « messages-je »

Comme la méthode « sans perdant » exige que les personnes impliquées dans un conflit travaillent ensemble à rechercher une solution, une bonne communication est essentielle.

L’écoute active permettra d’aider l’enfant à se confier et à révéler ses besoins et sentiments réels, tandis que les « messages-je » permettront au parent de communiquer à l’enfant ce qu’il ressent, sans l’attaquer, le diminuer, le blâmer ou lui faire honte.

Il est donc très important, pour que cette méthode gagnant-gagnant fonctionne, que le parent maîtrise au mieux ces deux concepts.

Pour leur premier essai de la méthode sans perdant, nous conseillons aux parents de nos groupes de choisir un conflit qui existe depuis un certain temps, plutôt qu’un problème qui vient tout juste de se produire et qui pourrait provoquer des réactions plus vives.

Il peut également être proposé aux enfants de déterminer des problèmes qui les embêtent. Les enfants se sentirons d’autant plus impliqués.

Il ne devra évidemment pas être fait appel au vote si le conflit concerne plus de deux personnes. Et chacun devra parler uniquement en son nom, même si les deux parents sont impliqués (pas de front commun) ou plusieurs enfants.

Prendre de quoi noter, notamment dans les cas complexes.

Avec des adolescents habitués à l’usage de l’autorité, il pourra être difficile de les amener à faire confiance aux parents. Ils seront souvent méfiants de prime abord et offriront de la résistance, mais il convient de ne pas abandonner. Il peut cependant être nécessaire de laisser la résolution du conflit en pause le temps d’essayer de comprendre sincèrement ce que l’enfant ressent et lui « prouver » que notre intention d’abandonner l’usage du pouvoir est réelle.

De même, pour les familles où c’est plutôt les enfants qui ont l’habitude de « gagner », il sera également nécessaire d’expliquer pourquoi l’usage de cette méthode peut être appréciable pour chacun, qu’elle n’induit pas qu’ils deviendront les perdants dans l’histoire (au contraire) et que le respect des besoins respectifs de chacun sera dorénavant la règle.

Cette méthode peut également servir pour la résolution de conflits entre enfants. Le parent peut alors faire office d’aide à la compréhension (inviter les enfants à parler et faire usage de l’écoute active), mais surtout pas d’arbitre ou de juge, et avec le temps pourra même rester à l’écart puisque les enfants auront appris à régler leurs conflits par eux-mêmes sans qu’aucun ne soit lésé.

La méthode « sans-perdant » fonctionne-t-elle toujours ?

Le Dr GORDON est lucide et nous explique bien que certains parents ne seront pas prêt à changer leurs habitudes de l’usage de l’autorité car c’est ce qui leur convient. Mais pour les autres, il n’y a pas de raison pour qu’avec le temps et la pratique, la méthode « sans perdant » ne devienne la norme et que les conflits aillent en diminuant ou en tous cas se règlent de façon plus saine.

3/Essayer de se modifier soi-même

Le Dr GORDON nous explique, pour finir, le concept de la transformation de soi pour éviter les conflits.

On présente cette idée en dernier lieu parce qu’il peut paraître menaçant pour les parents d’entendre dire que quelquefois c’est eux qui devraient changer plutôt que leurs enfants.

Eh oui, il peut être possible d’éviter des conflits en travaillant sur soi-même : en se souvenant de ce que l’on ressentait à l’âge de nos enfants par exemple ; en discutant avec d’autres parents et en se rendant compte qu’un comportement qui est inacceptable pour nous est, somme-toute, normal et qu’il ne durera pas ; ou encore en lisant des livres sur l’éducation des enfants (bonne idée ça !).

Un contact direct et approfondi avec les enfants ou même des connaissances acquises grâce à l’expérience des autres peuvent modifier considérablement l’attitude d’un parent.

Par ailleurs, il est démontré qu’il est plus facile d’accepter les autres quand on s’accepte soi-même.

Un parent aurait avantage à se poser lucidement la question suivante : « Est-ce que j’aime vraiment la personne que je suis ? »

Si la réponse est négative, ce parent gagnerait à réexaminer sa propre vie et à trouver le moyen de s’épanouir et de tirer une plus grande satisfaction de ses propres réalisations.

En effet, les parents épanouis qui ont une bonne estime d’eux-mêmes auront beaucoup plus de facultés d’acceptation envers leurs enfants et leurs comportements que des personnes qui ne s’acceptent pas elle-même.

La bonne nouvelle c’est que tout le monde peut changer, pour peu qu’il en ait envie et soit disposé à le faire. Le développement personnel est, aujourd’hui, quelque chose d’accessible et cela peut permettre de vraies évolutions dans son rapport à soi et son épanouissement personnel.

D’ailleurs, si vous lisez cet article et que ce livre, cette méthode, vous interpellent, je ne doute pas que vous constaterez très rapidement de légères évolutions dans vos prochains comportements avec vos enfants.

Les autres acteurs de l’éducation de vos enfants

Pour finir, le Dr GORDON nous parle des autres « parents » de nos enfants.

Au cours de leur vie, vos enfants seront exposés à l’influence d’autres adultes à qui vous déléguez certaines de vos responsabilités de parents. […]

Lorsque vous confiez vos enfants à de tels parents-suppléants, quelle certitude avez-vous de leur efficacité ?

Il nous conseille évidemment d’initier ces personnes à l’écoute active et à la méthode « sans-perdant » afin que tous nos efforts soient confortés même en dehors de la maison.

Si vous entamez vous-même la démarche de laisser de côté l’usage des pouvoirs, n’hésitez pas à partager cette chronique et à parler de cette méthode et du livre à votre entourage afin de devenir, ensemble, des agents d’aide efficaces pour nos petites têtes blondes, brunes et rousses…

Ma conclusion sur ce livre :

PARENTS EFFICACE est un livre assez dense, long et parfois difficile à prendre au sérieux du fait de la façon quelque peu désuète de relater ou mettre en scène des situations (vocabulaire suranné), mais il faut alors se souvenir qu’il s’agit d’un livre écrit en 1970 et, qui plus est, d’une version traduite.

L’essentiel est dans le fond et non dans la forme et je vous promets que vous ne serez pas déçus si vous prenez le temps de le lire jusqu’au bout. Et de le mettre en pratique, évidemment.

Ce livre m’a personnellement ouvert les yeux sur certains points (ainsi que sur moi-même) et m’a conforté sur d’autres. J’ai aujourd’hui une approche différente de mon fils lorsqu’un problème ou un conflit survient. Après seulement quelques semaines de mise en pratique, je ressens déjà beaucoup de petits changements dans son propre comportement en réponse à ma nouvelle façon de l’écouter et de le considérer comme une personne à part entière.

J’en profite pour dire un grand « Merci ! » à ma collègue Marion qui m’a prêté ce livre et sans qui je ne connaîtrais toujours pas cette méthode ! 😉

J’espère que cette chronique vous aura inspiré. Si elle vous a plus n’hésitez pas à y apporter vos commentaires et à la partager !

Par ailleurs, si vous mettez déjà en pratique cette méthode chez vous, je suis très intéressée par votre avis. Et si ce n’est pas le cas, je vous invite vraiment à vous lancer, je suis sûre que vous ne le regretterez pas ! (Vous trouverez ici le moyen de me contacter si vous le souhaitez.)

Points faibles / points forts DU livre :

Points faibles : Long à lire, écriture/traduction un peu lourde, cas anciens (mais bizarrement certains résonnent encore bien dans notre époque), fait un peu la promo de la formation (mais c’est de bonne guerre) et il y a un peu de redondance (mais que je n’ai personnellement pas trouvé gênante car elle permet de bien s’imprégner des propos et de la méthode) ;

Points forts : Une vraie méthode de professionnel mise à notre portée, une méthode qui fonctionne (comme j’ai déjà commencé à le constater), beaucoup de cas concrets qui permettent de bien appréhender les concepts.

 

Pour acheter ce livre, rien de plus simple, vous trouverez un lien d’achat au niveau des références du livre dans Ma bibliothèque.

Bonne lecture, et à très vite pour une nouvelle chronique éducative !

PARENTS EFFICACES
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4 réflexions sur « PARENTS EFFICACES Une autre écoute de l’enfant – Dr Thomas GORDON »

  1. Merci beaucoup pour cette super chronique, parfaite pour des personnes comme moi qui ont du mal à se plonger dans des lectures autres que romans… La version audio est aussi super pratique. Le son est toutefois un peu faible (pas facile de bien entendre avec un petit bonhomme qui joue à côté malgré le son à fond), à améliorer pour les prochaines chroniques si possible ?
    A bientôt !

    1. Bonjour Marion,
      Merci beaucoup pour ton retour ! Je prends bonne note de ta remarque sur le son et j’essayerai de faire mieux pour la prochaine ! Merci encore et à bientôt !
      Marylène

  2. Bonjour, Lecture très intéressante ! En tout cas, je vais m’efforcer de retenir les plus grandes lignes et essaierai de les mettre en application, quand nous aurons notre petit bout chou à la maison. Mais 58 ans de mauvaises habitudes ne seront pas faciles à perdre… A très vite.

    1. Bonjour !
      L’essentiel est d’essayer. Ça ne sera pas facile c’est sûr, mais pas impossible. Et surtout ne pas hésiter à revenir lire cette chronique pour se rafraîchir la mémoire 😉
      C’est en forgeant qu’on devient forgeron il parait ! A bientôt.
      Marylène

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