PETITES HISTOIRES HYPNOTIQUES DU SOIR par Sabrina Feret-Hubert

Ou comment aider son enfant à grandir et faire face aux changements. Un livre avec de belles ambitions et presque tout pour les atteindre.

Aujourd’hui, je vous parle de PETITES HISTOIRES HYPNOTIQUES DU SOIR, un livre écrit par Sabrina Feret-Hubert et édité en 2017.

J’ai trouvé ce livre complètement par hasard et j’en suis ravie !

Rendez-vous dans Ma bibliothèque pour les références complètes, avec un lien si vous souhaitez vous le procurer.

Temps de lecture de ma chronique : 15 minutes.

Qui est Sabrina Feret-Hubert ?

Sabrina Feret-Hubert est hypnopraticienne et hypno-coach, diplômée de l’Ecole Centrale d’Hypnose (ECH). Elle pratique l’hypnose Ericksonienne et Pluridisciplinaire.

PETITES HISTOIRES HYPNOTIQUES DU SOIR est son premier livre et sûrement pas le dernier.

L’hypnose pour accompagner les enfants dans la vie, et pourquoi pas !

Mais d’abord, qu’est-ce que l’hypnose ? Je suis allée chercher la définition pour vous :

Etat de conscience particulier, entre la veille et le sommeil, provoqué par la suggestion. (Définition du dictionnaire LAROUSSE)

Un état de conscience modifiée qui ouvre des portes vers notre inconscient et nous permet de communiquer avec lui. Génial ! Mais à quoi cela peut bien servir ?

Sabrina Feret-Hubert nous explique qu’en dehors de l’utilisation bien connue dans le spectacle, l’hypnose est un formidable outil de soin. On parle alors d’hypnothérapie ou hypnose thérapeutique. Elle peut être utilisée à différentes fins : la détente, la gestion d’une addiction, la gestion de la douleur, la confiance en soi, etc.

Il est aujourd’hui prouvé scientifiquement que l’hypnose est efficace et puissante en matière de soin et de bien-être et la discipline se tourne maintenant de plus en plus vers les enfants. C’est dans ce cadre et pour donner suite à des demandes de parents en quête de solutions contre les pipis au lit, l’addiction au pouce, les problèmes de sommeil, etc. de leurs enfants, que Sabrina Feret-Hubert a eu l’idée de construire ces petites histoires et, au vu de l’engouement des parents, qu’elle a décidé d’en faire un livre pour les rendre accessibles au plus grand nombre.

En bref

Ce livre regroupe des histoires du soir, utilisant les principes de l’hypnose et de la relaxation, pour passer un bon moment avec ses enfants, tout en semant de petites graines dans leur esprit afin de les aider à grandir et à faire face aux changements, inhérents à la vie mais pas toujours simples à affronter.

En détails…

Ce livre regroupe 11 histoires à lire le soir. Mais ce ne sont pas que de simples histoires. Il s’agit de véritables petites aventures qui vont faire appel à l’imagination de l’enfant et donc à celle du lecteur qui devra, lui, faire preuve de créativité et d’un certain investissement s’il souhaite que l’histoire ait un véritable impact.

Bien sûr, Sabrina Feret-Hubert nous rappelle que ces histoires à elles seules ne sauraient nous transformer en hypnothérapeute et qu’elles ne remplaceront jamais une consultation chez un spécialiste, cependant elles peuvent être un bon outil pour « disséminer quelques graines » et ouvrir la discussion de façon décomplexée sur plusieurs sujets sensibles et parfois bloquants, avec nos enfants.

Reprendre le contrôle

En éliminant ce qui pollue inconsciemment, l’hypnose permet JUSTEMENT d’augmenter notre contrôle, et ce, contrairement aux idées reçues.

Grâce à l’hypnose, c’est le sujet lui-même qui trouve des solutions à ses maux, en se réconciliant avec son inconscient. C’est donc très intéressant de faire découvrir cet outil aux enfants qui pourront alors, eux-mêmes, avec la pratique, régler leurs problèmes ou réussir à mettre le doigt dessus puis en parler et ainsi grandir plus sereinement. Mais c’est également très enrichissant pour les parents, qui apprennent ces techniques en même temps que leurs enfants et qui peuvent donc devenir, eux-aussi, plus sereins et plus à même d’accompagner leurs enfants sur « le chemin du grandir« .

Respirer

Ces histoires utilisent donc les principes de l’hypnose pour semer des petites graines dans l’esprit de nos enfants, mais aussi la respiration abdominale et les principes de la relaxation pour que ces petites graines aient le terreau nécessaire pour se planter. Car si l’enfant n’est pas détendu et prêt à entrer vraiment dans l’histoire, alors celle-ci n’aura certainement pas l’impact escompté.

Un enfant vient au monde sans filtre, et en grandissant certaines expériences pourraient être vécues comme négatives, voire même traumatisantes s’il n’est pas bien armé. Le plus délicat est donc de l’y préparer sans pour autant lui enlever son insouciance. C’est pour cette raison que les histoires que nous lui contons sont si précieuses et utiles.

L’objectif de ce livre

Ces histoires sont basées sur trois des quelques fondements principaux de l’hypnothérapie : la respiration, l’imagination et la répétition suggestive.

Elles ont pour objectif d’offrir aux enfants une nouvelle façon de voir le monde et leur permettre de mieux comprendre leurs émotions. Leur permettre d’ouvrir de nouvelles portes pour devenir autonomes et ainsi leur apprendre qu’ils peuvent devenir des acteurs du changement et non plus seulement des spectateurs.

Pour cela, il est indispensable que le lecteur ait également cet objectif car il devra y mettre du cœur s’il souhaite que ces histoires aient un effet positif. En effet, ce livre ne comporte pas, ou presque, d’image et c’est donc l’imagination qui amènera l’enfant dans l’histoire. Alors, c’est le moment de lâcher-prise, retourner en enfance et sortir l’artillerie du conteur d’autrefois. Ces histoires n’auront pour limite que notre propre imagination, alors amusons-nous ! Bien sûr, il serait contre-productif de se forcer à faire du grand théâtre, donc l’essentiel est surtout de prendre du plaisir à lire ces histoires à nos enfants.

Pour un meilleur effet, l’ambiance devra être calme, propice à la détente, avec une lumière pas trop forte et chacun devra pouvoir être confortablement installé. Le mieux, d’après Sabrina Feret-Hubert, est que toutes les petites choses du quotidien d’avant dodo aient été effectuées pour que l’enfant n’ait plus qu’à se concentrer sur l’histoire et rien d’autre.

Sabrina Feret-Hubert nous préconise également de ne lire qu’une histoire maximum de ce livre par semaine, pour que les enfants puissent bien se l’approprier. D’après des parents qui en ont fait l’expérience, il se peut même que nos enfants, eux-mêmes, nous la demande plusieurs fois, pour s’en imprégner encore et encore, ou peut-être simplement parce que la mise-en-scène les ravie et qu’ils aiment utiliser leur imagination ! Allez savoir…

Chaque histoire est précédée d’une petite introduction explicative, exclusivement à l’attention des parents/lecteurs, concernant le thème abordé, ainsi que de l’âge pour lequel elle est recommandée et la position de l’enfant la plus adaptée pour l’écouter.

Les onze histoires

1. Ne plus sucer son pouce, c’est décider de grandir

Le thème est l’addiction au pouce et concerne, notamment, des enfants entre 4 et 7 ans.

Cette histoire est à utiliser lorsque l’enfant continu à sucer son pouce alors qu’il a atteint un âge où le besoin de succion est habituellement révolu. En effet, si ce besoin perdure ce peut-être le signe d’une addiction et il est alors intéressant de savoir quelle en est la cause (manque de confiance en soi, difficulté à gérer ses émotions, solution de repli, etc.). Cette histoire peut permettre à l’enfant de prendre conscience de l’intérêt de ne plus sucer son pouce (et sauver ses dents !) et d’accepter de grandir.

Sabrina Feret-Hubert nous dit :

[…] il faut avant tout éviter de le culpabiliser.

Mon avis sur cette histoire :

Bien que Sabrina Feret-Hubert nous précise en introduction qu’il faut éviter de culpabiliser l’enfant, je trouve justement que cette histoire débute par une culpabilisation… Par exemple :

[…] Aujourd’hui, tu suces ton pouce, et cette habitude déforme ta bouche et tes dents en te donnant un air de bébé. […] Tu n’as pas envie qu’il te prenne pour un bébé.

[…] vaincre cette mauvaise habitude.

[…] C’est le village où habite Liam, ce petit garçon que personne n’écoute ni ne prend au sérieux.

[…] Il suce encore et toujours son pouce ; il a un air de bébé.

J’aurais plutôt apprécié, en amorce de cette histoire, une façon plus décomplexée d’aborder le sujet. Moins longue et plus axée sur les raisons qui amène l’enfant à sucer encore son pouce et ce que cela peut, en effet, engendrer comme résultats négatifs mais sans jouer sur la culpabilité. Problème de dentition, repli sur soi et impossibilité de faire certaines choses, mais pas de « ça fait de toi un gros bébé » qui me semble contre-productif.

Le reste de l’histoire est plus détendue et plus axé sur le positif et a, à mon avis, un meilleur effet pour décider l’enfant à lâcher son pouce et aller vers les autres.

Ne plus sucer son pouce c’est décider de grandir […]

C’est formidable d’être grand/grande ! […]

Tu peux arrêter de sucer ton pouce car tu as de plus en plus confiance en toi et tu es content(e) de grandir plus encore…

2. Un ami pour la vie

Le thème est, ici, l’agrandissement de la famille (devenir l’aîné.e) et concerne, notamment, des enfants entre 4 et 8 ans.

Grandir avec des frères et/ou sœurs, c’est prouvé, ça nous rend plus apte à vivre heureux ! Rien que ça. Mais pour un enfant jusqu’alors unique, cela est tout de même une sacrée épreuve. Un bond dans l’inconnu qui suscite beaucoup de questionnements.

Cette histoire est un outil pour répondre à ces questions que les enfants se posent, souvent sans même en être vraiment conscients. En effet, nous pouvons avoir l’impression que notre enfant est serein face à l’arrivée d’un petit frère ou une petite sœur, et pourtant il est fort probable, et même sûr, que bien des questions et des inquiétudes germent dans sa petite tête. Il est donc important d’aborder avec lui les principaux sujets liés à l’arrivée de ce nouvel individu dans la famille, et, à cette fin, cette histoire est basée sur l’utilisation de mots clés et la répétition des trois idées principales suivantes :

  • L’amour du parent pour un enfant ne se divise pas, il se multiplie ;
  • L’enfant n’est pas obligé d’aimer tout de suite le bébé, il peut d’abord le découvrir, apprendre à le connaître. L’amour viendra tout seul et grandira en même temps que lui, tranquillement, sans qu’on ait besoin de le forcer ;
  • Le futur bébé est un ami pour la vie.
Mon avis sur cette histoire :

Une histoire fraîche et pleine d’humour, de sincérité et d’amour. La petite Emma est bien bavarde et tout est dit !

Il y a certainement quelques petits points qui pourraient être améliorés pour faciliter la lecture (tout le monde n’appelle pas ses grands-parents Manou et Patou, par exemple) mais à part ça, je trouve cette histoire parfaite. Et s’il y a des choses qui nous chagrinent, il suffit de les changer un peu lors de la lecture pour que cela corresponde plus au vocabulaire de notre enfant, tout simplement.

3. Milo : le maître de l’eau

Le thème est l’énurésie nocturne (pipi au lit) et concerne, notamment, des enfants entre 4 et 7 ans.

Le pipi au lit est normal. L’apprentissage de la propreté la nuit se fait par étape, entre 3 et 6 ans environs. Si elle persiste au-delà, il peut être utile de consulter, mais, dans la plupart des cas, l’énurésie nocturne s’arrêtera naturellement quand l’enfant sera prêt.

[…] Le plus souvent, l’énurésie relève d’un refus de grandir, couplé habituellement à un sommeil trop profond !

Cette histoire traite donc de l’énurésie nocturne par le prisme du thème GRANDIR et tout ce que cela entraîne de positif pour l’enfant.

Sabrina Feret-Hubert nous donne aussi ici quelques astuces pour aider nos enfants à gérer le pipi au lit (le calendrier des nuits sèches, les petits rituels du pipi avant d’aller au lit, etc.)

Le plus essentiel est de l’impliquer sans l’humilier !

Mon avis sur cette histoire :

Ce que j’apprécie dans cette histoire, et c’est exactement ce que j’aurais aimé voir dans la première histoire concernant l’addiction au pouce, c’est qu’il est expliqué que faire pipi au lit c’est normal, ça arrive et qu’il y a des méthodes pour apprendre à se contrôler.

Il n’est pas dit ici que faire pipi au lit c’est un truc de bébé et c’est très appréciable. Pourtant, à mon avis, comme pour l’addiction au pouce, le sujet de fond est le même : peur/refus de grandir, manque de confiance en soi, etc. Mon conseil à Sabrina Feret-Hubert serait donc que l’histoire sur l’addiction au pouce soit traitée de la même façon que celle-ci 🙂

Je trouve cette histoire bien construite. L’utilisation de la pensée positive est habilement introduite dans l’histoire.

4. La fée des mots

Le thème abordé ici est l’apprentissage d’un vocabulaire qui change tout et concerne, notamment, des enfants entre 4 et 10 ans.

Ce vocabulaire qui change tout c’est le langage POSITIF. Et il change tout car il nous motive et nous apporte du bien-être.

Ainsi nous dirons « Et » plutôt que « Mais », « Faire » plutôt que « Essayer », « Je peux » plutôt que « Je dois », « Expérimenter » plutôt que « Rater », etc. Et nous veillerons à être positifs dans nos propos, pour nous mais aussi, et peut-être surtout, pour nos enfants que nous accompagnerons ainsi bien mieux sur « le chemin du bien-être et du mieux grandir ».

Mon avis sur cette histoire :

Une belle initiation au pouvoir magique des mots et de la pensée positive. Une jolie aventure de la vie quotidienne qui apprend à l’enfant qu’un échec est en réalité une expérience et que cela peut l’enrichir pour peu qu’il prenne le temps d’en tirer une leçon positive.

Petite remarque cependant : une fois que nous avons lu cette histoire on se rend compte qu’il y a des petites coquilles qui se sont glissées dans les histoires car, l’enfant apprend ici qu’il n’EST pas triste, mais plutôt qu’il se SENT triste, ce qui est, en effet, différent. Or dans d’autres histoires, le terme « être triste » ou « être en colère » et repris et c’est dommage, je trouve, de ne pas avoir gardé cette ligne de vocabulaire partout.

5. Le périple de Cocci et Grenouille

Le thème est la pensée positive et concerne, notamment, des enfants entre 5 et 10 ans.

On ne compte plus les études démontrant les bénéfices d’une attitude positive et d’un mode de pensée résilient.

Mon avis sur cette histoire :

Comme je l’ai dit précédemment, les termes « être triste ou en colère » devraient être changer pour coller à ce qui a été dit dans l’histoire précédente.

En dehors de cela, c’est une histoire rigolote, pleine de rebondissement qui démontre comment des évènements qui nous attristent ou nous embêtent peuvent devenir des expériences enrichissantes et même drôles quand on prend un peu de recul et que l’on positive.

Il y a cependant l’histoire de Ugo le petit souriceau que je ne peux ignorer et qui me fait tiquer lorsque Grenouille lui fait son discours qui ressemble à s’y méprendre à une morale, à tel point d’ailleurs que Ugo fini « tout penaud » et « embarrassé ». Puis la Grenouille en remet une couche, ainsi que Cocci, pour ENFIN conclure sur une vraie pensée positive… ouf ! Ce passage est à mon avis trop lourd. Il mériterait d’être allégé et plus tolérant envers le petit souriceau à qui on demande justement d’être PATIENT et TOLERANT. Un peu de « méthode GORDON » pourrait-être saupoudrée dans cette histoire pour insister sur l’importance de l’écoute et de l’empathie (voir ma chronique sur cette méthode ici) ;-).

6. Le prince des songes

Le thème des cauchemars est abordé ici et concerne, notamment, des enfants entre 5 et 10 ans.

Les cauchemars de nos enfants, notre cauchemar…

Comment les aider, comment y faire face ? Sabrina Feret-Hubert nous donne ici quelques astuces et fait de cette histoire un véritable outil pour nous permettre d’aborder très facilement ce sujet avec nos enfants.

Cette aventure explique à l’enfant que les cauchemars sont des soupapes de sécurité pour notre cerveau et sont aussi une manière pour notre inconscient de nous dire que quelque chose ne va pas. Il faut donc s’en faire des alliés et non en avoir peur.

Sabrina Feret-Hubert nous apprend ici ce qu’est le rêve lucide (rêve durant lequel le rêveur a conscience d’être en train de rêver), à quoi il peut servir et comment se l’approprier. Une vraie révélation pour moi !

Cette histoire est également basée sur la respiration, notamment la méthode 4-7-8 du Dr Andrew WEIL (plus d’information sur cette méthode ici).

Mon avis sur cette histoire :

Une épopée très bien construite, qui peut permettre à l’enfant, avec un peu d’entraînement, d’apprendre à apprivoiser ses rêves et ses cauchemars.

Mon coup de cœur parmi les onze histoires de ce livre, qui m’a donné l’envie, à moi aussi, d’apprendre à modifier mes rêves !

7. Léonard et Adrien au pays des phœnix

Le thème abordé est la colère et concerne, notamment, des enfants entre 4 et 10 ans.

La colère est un sentiment légitime, il est important de le rappeler.

Les enfants, comme les adultes, ont le droit d’être en colère et de l’exprimer. Ce que l’enfant doit apprendre en revanche (et certains adultes aussi d’ailleurs ^^) c’est à l’exprimer de manière adaptée, la canaliser, pour mieux s’en défaire.

Le meilleur moyen de se défaire de sa colère est, en effet, de dire d’où elle provient et ce qu’elle crée en nous. C’est ce que cette histoire explique aux enfants.

Mon avis sur cette histoire :

Avant de parler de l’histoire, je voudrais revenir un instant sur un paragraphe de l’introduction qui, à mon avis, est maladroit :

[…] Ne perdez pas de temps à argumenter, agissez (isoler l’enfant dans sa chambre ou le mettre au coin, etc.). Vous discuterez après la crise. Il doit comprendre que lorsqu’il est dans cet état il n’obtient rien. Et vous n’avez pas à vous justifier plus que nécessaire, c’est vous le parent !

Si, comme moi, vous connaissez le travail d’Isabelle FILLIOZAT (voir ma chronique sur son livre « J’ai tout essayé » ici) vous serez certainement d’accord si je dis qu’isoler un enfant en colère dans sa chambre ou au coin n’est pas forcément une bonne solution et que si l’on doit isoler son enfant pour lui permettre de se calmer, en attendant de pouvoir discuter, il est préférable de choisir un endroit qui ne soit ni l’endroit où il dort, ni un lieu de punition, mais plutôt un endroit neutre, car oui, nous l’avons dit, l’enfant a le droit d’être en colère.

Par ailleurs, le fait d’être le parent ne nous donne pas le droit, à mon avis, de décider si la colère de notre enfant a lieu d’être ou non. Quand elle est là, il faut bien qu’elle sorte et c’est en accompagnant l’enfant, en l’aidant à l’exprimer avec des mots, qu’il apprendra à se maîtriser.

De plus, si la colère de notre enfant nous contrarie, il n’est pas inutile de le lui expliquer, bien au contraire. Cela ne doit pas être vu, forcément, comme une justification, mais comme l’expression de sentiments. Soit exactement ce que nous demandons à l’enfant.

Revenons à l’histoire, maintenant. C’est mon deuxième coup de cœur. La colère y est abordée de façon décomplexée, drôle et le fait qu’elle n’est pas construite de la même façon que les autres est aussi rafraîchissant pour le lecteur. C’est vraiment un conte à part entière, qui intègre la respiration au récit sans en avoir l’air.

8. Allez Plume !

Le thème est l’encouragement (encourager l’autre) et concerne, notamment, des enfants entre 5 et 10 ans.

Nos mots peuvent blesser comme porter un autre être.

Cette histoire l’explique très bien aux enfants.

Mon avis sur cette histoire :

Une histoire toute douce pour apprendre aux enfants qu’ils peuvent encourager les autres et qu’ils peuvent aussi s’encourager eux-mêmes quand ils n’arrivent pas à faire quelque chose mais qu’ils en ont pourtant envie.

Une histoire qui apprend que les mots peuvent être de puissants vecteurs de motivation, qu’ils viennent de nos parents, nos professeurs ou de nous-même !

9. L’arbre à plumes

Le thème de cette histoire est la relaxation et la confiance en soi. Elle concerne, notamment, des enfants entre 4 et 10 ans.

Cette histoire est une petite parenthèse relaxante. […]

Mon avis sur cette histoire :

Voilà une histoire très relaxante. Rien qu’à la lire, le lecteur se sent bien et apaisé. A la fin de l’histoire on se rend compte que nous aussi nous avons profité de son bienfait.

L’histoire est bien construite et intègre bien les principes de la relaxation. Il y a une petite coquille à corriger avant de lire, au 11e paragraphe :

En tout en continuant à respirer calmement […]

dans lequel il suffit de remplacer « En » par « Et » ou simplement le retirer. Mais à part ça, que du positif.

10. La peau qui parle

Le thème est la somatisation et concerne, notamment, des enfants entre 5 et 10 ans.

Tout d’abord qu’est-ce que la somatisation ?

Avoir une réponse physique, organique à un stress psychologique. (Définition de dictionnaire LAROUSSE)

C’est quand notre corps transforme notre stress en eczéma, ou notre angoisse en mal de ventre, par exemple.

Cette histoire explique aux enfants que parfois, quand quelque chose ne va pas mais qu’on n’arrive pas à l’exprimer, notre corps s’en charge pour nous. Mais ce n’est jamais très agréable. Il est donc important de réussir à mettre des mots sur nos maux afin que notre corps ne nous fasse pas défaut. Parler soigne !

Tout comme nous, si l’enfant ne parle pas, son corps le fera à sa place !

Mon avis sur cette histoire :

Stan est un petit garçon qui, à mon avis, a une drôle de façon de parler… Par exemple :

[…] ça commençait à inquiéter super grave maman, ce truc.

[…] on a été chez le docteur

[…] il était même pas vrai !

[…] j’ai rien à dire…

Bien sûr, c’est un petit garçon et les enfants ne parlent pas tous correctement. Mais un petit garçon, dans une histoire pour enfant, devrait à mon avis parler un français correct car c’est aussi par les histoires que les enfants apprennent à parler et écrire correctement.

Lorsque je lirai cette histoire à mon fils je remplacerai donc certainement ces phrases par :

[…] ça commençait à vraiment (beaucoup) inquiéter ma maman ce truc.

[…] nous sommes allés chez le docteur

[…] il n’était même pas vrai !

[…] je n’ai rien à dire…

Cela étant dit, je trouve que cette histoire est encore une fois réussie. Elle dit tout ce qu’il y a à dire pour que les enfants comprennent l’importance d’exprimer leurs angoisses pour ne pas que leur corps n’ait à le faire à leur place. Et le petit Stan est, malgré ce que j’explique ci-dessus, bien sympathique évidemment. 🙂

11. La boîte

Le thème est la confiance en soi et concerne, notamment, des enfants entre 5 et 10 ans.

Sabrina Feret-Hubert nous explique ici que le fait de ne pas avoir confiance en soi peut nous faire rater beaucoup de belles choses dans la vie et que l’on risque d’avoir beaucoup de regrets plus tard quand le temps du bilan sera venu.

Cette histoire raconte aux enfants qu’il est possible de faire des choses merveilleuses pour peu que l’on croie en nous. Et que, plus nous avons confiance en nous et plus il nous arrive de belles choses. C’est un cercle vertueux, car plus nous avons confiance en nous, plus nous voyons les choses du bon côté et plus nous profitons de la vie.

Mon avis sur cette histoire :

Je trouve cette histoire bien pensée et positive. L’idée de la petite boîte est vraiment géniale. L’enfant comprend ensuite que cette petite boîte n’est en fait qu’une métaphore, et qu’il lui suffit finalement d’avoir confiance en lui pour que de belles choses lui arrive.

Ma conclusion sur ce livre :

PETITES HISTOIRES HYPNOTIQUES DU SOIR est un livre qui va faire des merveilles, auprès des enfants et des parents.

Il est facile à lire et à comprendre. Il développe l’imagination et permet de passer un très bon moment avec ses enfants. On prend vite le pli de la lecture « animée » et les enfants adorent.

Je vous conseille vivement se livre et j’espère que vous prendrez autant de plaisir que moi à le lire !

Si vous l’avez lu vous aussi, dites-moi ce que vous en avez pensé !

Points faibles / points forts DU livre :

Points faibles : Outre les points déjà mentionnés, je trouve dommage que plusieurs histoires aient à quelques choses près le même début : le lit qui s’envole tel un tapis magique, le hibou qui regarde passer l’enfant d’un drôle d’air, etc. Certains passages font un peu copier-coller.

Points forts : L’utilisation des principes de l’hypnose et de la relaxation sont vraiment bien intégrés. Je suis totalement convaincu des effets positifs que pourront avoir ces histoires sur les enfants. Sabrina Feret-Hubert a une superbe imagination et a créé là un beau petit bijou qui, à mon avis, a beaucoup de potentiel.

Pour acheter ce livre, rien de plus simple, vous trouverez un lien d’achat au niveau des références du livre dans Ma bibliothèque.

Bonne lecture, et à très vite pour une nouvelle chronique éducative !

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