Tabou : La sexualité des enfants

Les comportements sexuels des jeunes enfants font partie de leur développement normal.

Oui Madame, oui Monsieur ! Alors pas la peine de se cacher derrière son petit doigt, cassons les tabous, c’est partie !

Tout d’abord, qu’entend-t-on par « la sexualité » des enfants. Bien évidemment, cela ne signifie pas la même chose pour un enfant que pour un adulte et il est tout à fait déplacé qu’un adulte en juge autrement ! Non, un enfant qui se trémousse nu n’est pas en train « d’aguicher ». Non, un enfant qui touche les seins d’une dame n’est pas un « petit vicieux ». Et non, un petit enfant qui se masturbe (fille ou garçon) n’est pas « drôlement en avance sur son âge » ou autres remarques datées, et c’est encore moins quelque chose qui mérite punission !

Il est donc temps de remettre les choses à leurs place pour mieux gérer ces petites choses « sexuelles » que peuvent faire nos enfants et qui, oui, peuvent nous mettre mal à l’aise, mais qui sont pourtant à prendre en compte comme une évolution NORMALE de son développement.

Et bonne nouvelle, plus tôt on aborde le sujet de la sexualité sans tabou avec ses enfants, plus il sera facile de l’aborder quand ils seront plus grands ! Évidemment il faut adapter le discourt à l’âge de l’enfant, il est cependant important de lui donner les vraies informations.

Il est important de comprendre que le rôle des parents en matière d’éducation sexuelle est essentiel en terme d’information et de prévention. Se cacher derrière des tabous ne sert à rien et est même néfaste à l’avenir affectif et sexuel de nos enfants car ce sont dans leurs toutes premières années qu’ils en posent les bases.

Un discourt sur la sexualité adapté, claire, serein et sans honte permet donc aux enfants d’avoir des bases saines sur le sujet et une relation de confiance avec leur parents, très importante par la suite, notamment dans leur vie d’ado., mais également plus tôt parfois… La pédophilie, l’inceste, personne n’est à l’abri et ce sont donc des sujets également extrêmement importants à aborder dès le plus jeune âge.

Le développement psycho-sexuel des enfants

Comment l’enfant en vient-il à s’intéresser à la chose ? Comme pour le reste, l’enfant est guidé essentiellement par la curiosité. Cela va de l’éveil des sens à la découverte de la différence des sexes, en passant par de l’exploration, des questions et des expérimentations.

Chez le tout-petit (0 à 3 ans)

C’est souvent une question de hasard. En effet, en pleine exploration de son corps, l’enfant découvre son sexe et s’il trouve que la manipulation en est agréable alors il ne sera pas rare de le voir jouer avec. Cela n’est pas anormal et l’enfant n’a pas à être puni pour cela, ni encouragé cela va sans dire.

Chaque enfant évoluant à un rythme différent, cette découverte peut se faire plus ou moins tôt mais la masturbation volontaire est généralement constatée vers 3 ans. Rien de choquant dans tout ça, pas la peine de monter sur ses grands chevaux !

Pour les plus grands (3 à 5 ans)

La question n’est plus tant de découvrir leur anatomie, qu’ils connaissent maintenant assez bien , normalement, mais plutôt de chercher à savoir si les autres sont faits pareil ! C’est donc là que commence la série des jupes et T-shirt levés et pantalons baissés. Les enfants s’exhibent , ils se touchent. Tant qu’il ne s’agit que de curiosité, pas la peine de s’affoler !

Viens également la saison des questions, notamment sur les différences filles/garçons et la sexualité au sens large : comment on fait les bébés ? Pourquoi les filles n’ont pas de « zizi » ? (à remplacer rapidement par « pénis », si l’on veut être exact), etc. C’est le moment de rester zen et prendre le taureau par les corne !

En dehors des réponses aux questions posées qui sont importantes, les jeux « sexuels » des enfants ne nécessitent pas d’intervention spécifique des adultes tant que :

1/ Ces jeux sexuels sont spontanés. L’enfant le fait de son plein gré (sans contrainte d’autre enfant par exemple) et est à l’aise.

2/ Les enfants sont sensiblement du même âge et donc à peu près au même stade de développement psycho-sexuel.

3/ Ces jeux ne contiennent pas de gestes déplacés, normalement inconnus d’enfants (simulation d’acte sexuel, bouche sur le sexe, utilisation d’objet, etc.) ou tout type de menace, chantage, contrainte. Le contraire pourrait ici poser question sur ce qu’aurait vu, voire même subit, l’enfant « agresseur ».

4/ Les explorations sexuelles ne nuisent pas aux activités normales de l’enfant (pas d’isolement fréquent) et que les parties génitales ne sont pas abîmées (irritations). Le contraire pourrait ici indiquer une fréquences et une intensité trop importante de la masturbation.

L’apprentissage de la pudeur.

Évidemment, il n’est pas donné à tout le monde de rester zen devant les jeux sexuels des enfants… Gêne, honte, nous sommes nombreux à ne pas être à l’aise avec cette sexualité. Pourtant, je le répète, il est important pour nos enfants de ne pas faire de la sexualité un Tabou.

Quelques « trucs » pour réagir au mieux lorsque l’on surprend son/ses enfant(s) :

  • Se rappeler que les jeunes enfants ne savent pas quel comportement est inapproprié. L’apprentissage de la pudeur se fait progressivement et en douceur. Donc on reste calme, on respire et on prend le temps d’expliquer à son enfant se qu’il est possible de faire ou pas et notamment la notion d’inceste (Jeux sexuels interdits entre adultes et enfants ou entre grands enfants et petits enfants. Jeux sexuels interdits entre frères et soeurs, etc.).
  • Il est également important d’expliquer à un enfant que si un autre veut « jouer » avec lui, il n’y est pas obligé, notamment si cela le met mal à l’aise. Dans ce cas, il doit le dire à l’autre et proposer une autre occupation, par exemple.
  • Concernant la masturbation, pour le tout petit il suffira de détourner sa main et son attention vers autre chose tout en lui expliquant par exemple que, ça y est, il a découvert son sexe, sans en faire tout un plat. Pour les plus grands, en âge de comprendre et notamment avant l’entrée à l’école, il peut-être nécessaire de leur expliquer que ces gestes sont intimes et doivent se faire dans un endroit à l’abri des regards et au calme (sa chambre, la salle de bain, mais pas à l’école par exemple). Là encore, on évite d’en faire tout un drame et surtout de créer un sentiment de honte ou de culpabilité.
  • Globalement, il est important d’expliquer à son enfant que son corps lui appartient, que c’est son intimité et que si des gestes ou des propos le mettent mal à l’aise, il doit le dire et surtout ne jamais se laisser forcer. De même, si les autres ne veulent pas « jouer » avec lui, il n’a pas le droit de les obliger. Chacun est maître de son corps.
  • La pudeur, lorsque l’enfant l’exprime est, en revanche, également à prendre en considération. Nous l’oublions souvent, chez le médecin par exemple. En effet, si un enfant ne se sent pas à l’aise avec un médecin il est totalement contre productif voire malsain de le forcer, à fortiori si rien ne lui a été expliqué. Le médecin (s’il est compétent) saura se mettre à l’écoute de l’enfant afin de le mettre plus à l’aise et d’avoir sa coopération.
  • Enfin, il est à bannir toute moquerie, jugement ou remarque idiote sur le corps de l’enfant et sa façon de le découvrir, de même qu’il serait néfaste de laisser l’enfant faire n’importe quoi, voire même l’encourager.

Dans tous les cas, si les comportements sexuels de vos enfants vous inquiètent, le mieux est encore d’en parler à un médecin. Pas toujours facile, mais gardons à l’esprit que plus il y aura de tabous plus il aura de risque de voir survenir des problèmes !

J’espère que cet article vous sera utile.

Si vous avez des commentaires, n’hésitez pas ! Et si vous avez d’autres problématiques à me proposer pour mes prochains articles ou mes prochaines chroniques, n’hésitez pas, je suis à votre écoute !

A très vite pour un autre article pratico-pratique !

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